Pour un dimanche sans chasse à tir : garantir la sécurité des promeneurs et un meilleur partage de la nature
Initiative citoyenne
Pour un dimanche sans chasse à tir : garantir la sécurité des promeneurs et un meilleur partage de la nature
Le dimanche 18 octobre 2026, à Cassagnas (Lozère), un promeneur a été mortellement blessé par un tir de chasseur qui l’a confondu avec un animal. La victime a fait deux arrêts cardiaques avant de décéder.
Ce drame s’est produit en pleine journée, un dimanche, jour traditionnellement consacré aux activités de pleine nature pour des millions de français.
Depuis l’ouverture de la saison le 13 septembre, ce type d’accident ravive une question simple et légitime :
Comment garantir que les forêts, chemins et espaces naturels restent accessibles en toute sécurité le jour où le plus grand nombre de citoyens s’y rendent ?
Nous ne sommes pas opposés à la chasse. Nous reconnaissons son rôle dans la régulation de certaines populations de gibier (notamment le sanglier).
Nous ne demandons pas l’interdiction de la chasse.
Nous demandons simplement qu’un jour – le dimanche – soit réservé prioritairement à la promenade, à la randonnée et aux activités familiales en nature, sans risque de tir.
Ce drame n’est pas isolé. En décembre 2020, Morgan Keane, 25 ans, a été mortellement touché alors qu’il coupait du bois sur sa propre propriété dans le Lot, confondu avec un sanglier par un chasseur lors d’une battue.
Selon le bilan officiel de l’Office français de la biodiversité (OFB) pour la saison 2025-2026 :
- 92 accidents corporels ont été recensés ;
- 4 accidents mortels (chiffre historiquement bas) ;
- environ 89 % des victimes sont des chasseurs eux-mêmes ;
- aucun non-chasseur n’a été tué pour la quatrième année consécutive ;
- le nombre total d’accidents a diminué d’environ 49 % en vingt ans.
Ces progrès sont réels. Ils ne rendent cependant pas acceptable le risque résiduel qui pèse sur les non-chasseurs, particulièrement les dimanches, jour de plus forte fréquentation des espaces naturels.
Dans les forêts domaniales gérées par l’Office national des forêts, la chasse à tir est déjà très majoritairement exclue le week-end.
Sur les terrains privés (qui représentent la majorité des territoires de chasse), aucune règle nationale n’impose de trêve dominicale.
La France est l’une des rares exceptions en Europe de l’Ouest à autoriser la chasse à tir sept jours sur sept, sans jour national de trêve :
- Pays-Bas : chasse interdite le dimanche ;
- Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles) : trêve dominicale pour de nombreuses espèces depuis le Game Act de 1831 ;
- Italie : maximum trois jours de chasse par semaine, avec interdiction systématique les mardis et vendredis ;
- Portugal : chasse limitée principalement aux jeudis et dimanches ;
- Espagne : limitations régionales fréquentes (souvent 2 ou 3 jours maximum par semaine) ;
- Suisse : interdictions selon les cantons (Genève a interdit la chasse de loisir).
Ces exemples montrent qu’il est possible de concilier régulation du gibier et protection des autres usagers de la nature.
Ce que nous demandons :
1- L’interdiction nationale de la chasse à tir le dimanche sur l’ensemble du territoire métropolitain (ou, à défaut, le dimanche après-midi à partir de 13 h).
2- Le maintien de possibilités de régulation exceptionnelle du grand gibier (sanglier notamment) sous contrôle administratif strict, y compris le dimanche si nécessaire.
3- Le renforcement de la signalisation obligatoire et de l’information publique (cartes des zones et jours de chasse).
4- L’exclusion de la vènerie (chasse à courre) de toute dérogation éventuelle le dimanche.
Cette mesure ne remet pas en cause le droit de propriété ni la légitimité de la chasse de régulation. Elle s’inscrit dans le respect du principe d’intérêt général : partage de l’espace et sécurité des personnes.
En conclusion, le dimanche ne doit plus être un jour de risque pour ceux qui souhaitent simplement se promener.
Un jour de trêve nationale de la chasse à tir est une mesure de bon sens, déjà appliquée sous des formes variées chez la plupart de nos voisins européens.
Nous demandons aux députés de l’Assemblée nationale d’examiner cette proposition et de légiférer en ce sens.
Source :
https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2026/10/18/un-chasseur-tire-sur-un-promeneur-il-fait-deux-arrets-cardiaques
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