Contre les violences des forces l'odre faites au mouvement lycéen
Initiative citoyenne
Contre les violences des forces l'odre faites au mouvement lycéen
Mesdames, Messieurs,
Nous, citoyens et citoyennes, membres de la communauté éducative et ou professionnel de l'éducation, nous fustigeons les violences contre les lycéens et étudiants qui sont disproportionnés.
-Comment peut-on croire que des adolescents réclamant des conditions d’enseignement dignes sont des factieux ?
-Comment peut-on croire que les plus 6 000 interpellations sont légitimes et visent à maintenir l'ordre public et non une pure et simple répression d’un mouvement social ?
-Comment peut-on accepter des mutilations et l’ouverture de plus de 10 enquêtes de l’IGPN sans revendiquer l’ouverture d’un débat national sur notre doctrine du maintien de l’ordre ?
1 - Tout d’abord, nous déplorons une généralisation de la violence lors des mouvements sociaux et une forme de brutalisation des pratiques de maintien de l’ordre.
2 - Ensuite, nous réaffirmons la légitimité des mobilisations lycéennes dans un contexte social et politique de plus en plus crispé.
3 - Enfin, nous réclamons le retour à une doctrine de maintien de l’ordre plus proche de la doctrine Grimaud plus à même d’engager une désescalade afin d’éviter de présenter le recours à la violence comme seul moyen d’expression politique intelligible.
En préambule, nous récusons toutes formes de complaisance avec des violences commises sur des représentants de l’Etat , élus ou simples citoyens. Nous considérons que les dégradations matérielles ne sont pas un outil efficace pour faire valoir des revendications.
1 - Tout d’abord, au vu de la multiplication des cas de violences constatée, il devient nécessaire de réclamer la remise en cause de la doctrine de maintien de l’ordre en vigueur dans notre pays :
Nous ne pouvons tolérer la multiplication de violences disproportionnées à l’égard de jeunes et de mineurs, mais aussi sur des élus de notre république ainsi que sur l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, eux aussi dépositaires de l’autorité publique.
La dernière décennie a été marquée par un développement et un enracinement d’une brutalisation de la doctrine et de la pratique du maintien de l’ordre en France :
Les différents attentats ayant marqué la France depuis ceux de Charlie Hebdo en 2015 ont largement contribué à un renforcement de l’arsenal législatif et matériel des forces de l’ordre. Un certain nombre de dispositions d’ordre exceptionnel ont été progressivement entérinées dans le droit commun, comme la loi du 30 octobre 2017.
2 - Ensuite, le mouvement social lycéen ne fait que mettre en lumière une situation de dégradation des services publics qui est largement documentée par les médias, syndicats et autres instances de l’Etat.
Le ministre de l’éducation nationale considérant lui-même que les revendications des jeunes étaient légitimes, nous ne reviendrons pas sur les conditions déplorables d’enseignement auxquelles font face nos enfants.
Notre jeunesse étudiante et lycéenne a grandi dans un contexte marqué par une défiance à l’égard de l’autorité publique :
Les affaires : Adama Traoré en juillet 2016 , celle de Michel Zecler en 2020, ou encore la mort de Nahel Merzouk lors d’un contrôle routier en 2023 ont largement contribué à la dégradation de l’image de l'institution policière.
Le mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019 et ceux de la mégabassine de Sainte-Soline ont mis en avant de graves manquements déontologiques reconnus par la Défenseure des droits.
En mars 2026, la Défenseure des droits a notamment conclu, à propos d'une manifestation devant un lycée en janvier 2023, à un usage non nécessaire et disproportionné de gaz lacrymogène contre plusieurs lycéens mineurs. Elle a rappelé que les mobilisations pacifiques de mineurs doivent bénéficier d'une protection particulière.
Les réseaux sociaux sont comme une cage de résonance qui facilite la diffusion et l’amplification des violences, ce qui devrait favoriser le renforcement de mesures d’apaisement de la part des autorités.
3 - Face à ce constat, il est urgent de modifier notre doctrine de maintien de l’ordre pour ne pas encrer l’usage de la violence comme une norme de revendication sociale pour notre jeunesse.
Nous réclamons :
- Un renforcement et une refonde de la structure de l’IGPN qui se doit d’être plus indépendante, plus transparente et dotée de moyens matériels supplémentaires. En 2024, elle comptait 99 enquêteurs pour 135 postes théoriques, soit 36 postes non pourvus.
- La transparence totale sur l’identification et les actes réalisés pour les forces de sécurité : les RIO doivent être plus visibles et facilement identifiables par n’importe quel citoyen.
- le port non de brassards identifiables pour les policiers en civils doit systématiquement faire l’objet de sanctions et y appliquer les mêmes peines que pour n’importe quel citoyen.
- Interdiction des « armes de force intermédiaire » (AFI), LBN et grenades de désencerclement dans tous les mouvements sociaux.
-La justification systématique pour un contrôle d’identité consultable par n’importe quel citoyen.
- La généralisation immédiate et obligatoire de caméras et de micros piétons sur lesquels les agents n’auraient pas la possibilité d’intervenir ou de couper.
- Le retour à une police de proximité pour réinstaurer un dialogue entre les forces de sécurité et la population.
- Le retour à une doctrine du maintien de l’ordre proche de celle utilisée lors mouvements de mai 68, dite «grimaud» pour faciliter la désescalade.
- La démission du ministre de l’intérieur Laurent Nunez pour sa responsabilité dans les événements dramatiques de ces derniers jours.
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