Non à l'école obligatoire dès 1 an
Initiative citoyenne
Non à l'école obligatoire dès 1 an
À un an, un enfant est un bébé.
Un bébé qui apprend déjà énormément : lorsqu'on lui parle, qu'on lui lit des histoires, qu'il joue, explore, bouge, observe, imite et grandit auprès d'adultes avec lesquels il se sent en sécurité.
L'apprentissage commence bien avant l'école.
Aujourd'hui, en France, l'instruction est obligatoire à partir de trois ans. Nous demandons qu'elle ne soit pas abaissée à un an et qu'aucune obligation équivalente d'accueil collectif, qui reviendrait dans les faits à instaurer une sorte de « crèche obligatoire », ne soit imposée aux familles.
Nous demandons également l'ouverture d'un débat parlementaire sur le retour de l'âge de l'instruction obligatoire à six ans, tout en maintenant une école maternelle publique, gratuite et accessible avant cet âge pour les familles qui la choisissent.
Pouvoir mettre son enfant à l'école et être obligé de le mettre à l'école sont deux choses différentes.
Si nous voulons lutter contre les inégalités, donnons d'abord davantage de moyens aux familles : accès aux livres dès la naissance, activités culturelles, sportives et en extérieur, ressources et applications éducatives gratuites, information sur les écrans et accompagnement gratuit des parents sur le développement de l'enfant, le langage, les émotions et la communication non violente.
Parlons aussi des conditions nécessaires aux apprentissages.
Les connaissances sur le développement de l'enfant montrent l'importance de la sécurité émotionnelle. Lorsqu'un enfant est confronté de façon répétée à la peur, aux cris, aux humiliations ou à la violence, les réponses de stress peuvent perturber les fonctions nécessaires à l'apprentissage, notamment l'attention, la mémoire et la régulation émotionnelle.
Un enfant n'a pas besoin d'avoir peur de l'adulte pour apprendre.
Cela ne signifie pas supprimer les règles. On peut être ferme, poser des limites et apprendre la frustration sans humilier, terroriser ou frapper un enfant.
Nous demandons donc davantage de formation des enseignants et des professionnels de l'enfance au développement de l'enfant, aux neurosciences, aux mécanismes du stress et aux pratiques éducatives non violentes.
Nous demandons également des effectifs plus petits, davantage de professionnels, plus de jeu, de mouvement, d'activités en extérieur et de contact avec la nature.
Avant d'augmenter le temps passé en collectivité, améliorons aussi les conditions d'accueil existantes : crèches, écoles, cantines, centres de loisirs et périscolaire. Renforçons les contrôles des personnes travaillant auprès des mineurs, la prévention et le signalement des violences physiques, psychologiques et sexuelles.
Enfin, aidons les parents. Certains reproduisent parfois l'éducation qu'ils ont eux-mêmes reçue faute d'avoir appris autre chose. Rendons accessibles des formations à la parentalité et un meilleur accompagnement psychologique pour ceux qui en ont besoin.
Nous ne sommes pas contre l'apprentissage précoce.
Au contraire.
Nous refusons simplement de le résumer à : « mettons les enfants toujours plus tôt à l'école ».
Un enfant apprend partout.
Nous demandons donc au législateur de préserver le libre choix des familles, de ne pas instaurer d'instruction ou d'accueil collectif obligatoire dès un an, et d'ouvrir un débat sur le retour de l'obligation d'instruction à six ans.
Donnons davantage de moyens aux familles. Donnons davantage de moyens aux enseignants. Protégeons mieux les enfants.
Mais laissons aussi aux parents le droit d'être parents.
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