Retraites : ne faisons pas de l’âge la seule solution
Initiative citoyenne
Retraites : ne faisons pas de l’âge la seule solution
Depuis des années, on nous explique que la population vieillit, qu’il y aura moins d’actifs pour davantage de retraités et qu’il faudra donc travailler plus longtemps.
Le vieillissement est réel. Mais cette conclusion n’est pas automatique.
Ce qui compte pour financer les retraites, ce n’est pas seulement le nombre de personnes qui travaillent. C’est aussi la quantité de richesse qu’elles produisent.
Il suffit de regarder l’agriculture. Il y a quelques décennies, il fallait beaucoup plus d’agriculteurs pour nourrir une population française pourtant moins nombreuse. Aujourd’hui, beaucoup moins d’exploitations agricoles permettent de nourrir près de 70 millions de personnes. Cela a été rendu possible par les gains de productivité.
Le même raisonnement vaut pour l’ensemble de l’économie. Avec les machines, l’informatique, l’automatisation et demain l’intelligence artificielle, une personne peut produire beaucoup plus qu’autrefois. Avoir moins d’actifs par retraité ne signifie donc pas forcément avoir moins de richesse pour financer les pensions.
Le vrai débat est ailleurs : quelle part de la richesse que nous produisons voulons-nous consacrer aux retraites ?
Une société qui compte davantage d’enfants consacre naturellement davantage de moyens aux écoles, aux crèches et aux familles. Une société qui compte davantage de personnes âgées peut de la même manière choisir de consacrer temporairement une part plus importante de sa richesse aux retraites et à la dépendance.
Ce n’est pas une anomalie. C’est un choix collectif.
Selon le Conseil d’orientation des retraites, les dépenses de retraite représentaient environ 14,1 % du PIB en 2025 et pourraient atteindre environ 15,3 % en 2070. Cela représente un effort supplémentaire réel, mais pas une impossibilité économique.
Avant de décider que la seule réponse consiste à travailler plus longtemps, il faut donc regarder toutes les solutions : favoriser l’emploi, augmenter la richesse produite, mieux répartir les gains de productivité, adapter les recettes du système ou accepter temporairement de consacrer une part un peu plus importante de notre richesse aux retraités.
Notre économie change également. Une entreprise peut aujourd’hui produire davantage avec moins de salariés grâce aux machines, aux logiciels et à l’automatisation. Si demain cette évolution s’accélère, il serait logique que notre système de retraite s’adapte lui aussi.
Nous ne demandons pas de taxer aveuglément les entreprises ni de pénaliser l’investissement. Nous demandons simplement que le financement des retraites repose davantage sur la richesse réellement produite, et pas seulement sur le nombre de personnes employées pour la produire.
Nous demandons donc à l’Assemblée nationale trois choses simples : ne plus présenter le recul de l’âge comme la réponse automatique au vieillissement ; comparer publiquement toutes les solutions avant toute nouvelle réforme ; et faire de la part de la richesse nationale consacrée aux retraites un véritable choix démocratique.
Le vieillissement de la population est une réalité. Mais ce n’est pas une fatalité qui impose mécaniquement de travailler toujours plus longtemps.
Si demain nous sommes moins nombreux à travailler mais que chacun produit davantage, notre pays peut rester parfaitement capable de financer ses retraités.
La vraie question est donc simple : comment voulons-nous partager la richesse que nous produisons ?
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