POUR LA RECONNAISSANCE DE LA NEURODIVERSITÉ-PHOBIE DANS LA LOI FRANÇAISE
Initiative citoyenne
POUR LA RECONNAISSANCE DE LA NEURODIVERSITÉ-PHOBIE DANS LA LOI FRANÇAISE
UN ANGLE MORT DE LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS
La France a progressivement construit un cadre juridique pour lutter contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, les discriminations liées au handicap et de nombreuses autres formes de discrimination.
Mais qu’en est-il des personnes neurodivergentes ?
Autistes, TDAH, dys, personnes avec un trouble de la coordination, une déficience intellectuelle ou d’autres fonctionnements neurologiques minoritaires : nous sommes des millions à vivre quotidiennement des préjugés, des humiliations, du rejet, du harcèlement, de l’infantilisation et des discriminations liées à notre fonctionnement neurologique.
Et pourtant, la neurodiversité-phobie n’est toujours pas reconnue comme telle dans notre droit.
Cette absence de reconnaissance contribue à banaliser des comportements qui seraient immédiatement identifiés comme discriminatoires s’ils concernaient d’autres populations.
📌 LA NEURODIVERSITÉ-PHOBIE, C’EST QUOI ?
La neurodiversité-phobie désigne l’ensemble des préjugés, comportements, traitements défavorables, violences, humiliations, exclusions ou discriminations visant une personne en raison de son fonctionnement neurologique, réel ou supposé.
Elle peut notamment prendre la forme :
* de la dévalorisation systématique des capacités d’une personne neurodivergente ;
* de l’infantilisation et de la confiscation de sa parole ou de ses décisions ;
* de la remise en cause permanente de sa légitimité ou de son diagnostic ;
* du harcèlement scolaire, professionnel ou institutionnel ;
* de violences verbales, psychologiques ou sociales ;
* de discriminations dans l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins, au logement ou aux services publics ;
* de refus d’aménagements pourtant nécessaires ;
* de pratiques professionnelles inadaptées ou maltraitantes ;
* de préjugés selon lesquels une personne neurodivergente serait incapable, dangereuse, immature, manipulatrice, antisociale ou incapable de comprendre ;
* de la négation de la parole et de l’autodétermination des personnes concernées ;
* de la discrimination fondée sur des comportements ou une communication qui ne correspondent pas aux normes neurotypiques.
Elle peut être individuelle, collective, professionnelle, institutionnelle ou systémique.
Et parfois, elle se cache derrière des mots comme « c’est pour son bien », « il faut s’adapter », « tout le monde doit faire des efforts » ou « ce n’est qu’une différence ».
Mais une différence ne justifie jamais la violence.
📌 NOMMER POUR PROTÉGER
Le problème n’est pas seulement l’absence d’un mot.
Le problème est ce que cette absence permet.
Lorsqu’une violence n’est pas clairement identifiée, elle peut être minimisée.
Lorsqu’une discrimination n’est pas nommée, les victimes peuvent avoir davantage de difficultés à la faire reconnaître.
Lorsqu’un système produit régulièrement les mêmes exclusions, il est temps de se demander si le problème vient réellement des personnes exclues.
Nous ne voulons plus que la neurodivergence soit utilisée pour justifier ce que l’on ne tolérerait pas envers d’autres citoyens.
📌 CE QUE NOUS DEMANDONS
Nous demandons à l’Assemblée nationale :
1. De reconnaître officiellement la neurodiversité-phobie comme une forme spécifique de discrimination.
2. D’inscrire explicitement cette notion dans notre cadre législatif, afin que les personnes neurodivergentes bénéficient d’une protection claire et effective.
3. De définir juridiquement la neurodiversité-phobie, afin de permettre l’identification et la sanction des comportements discriminatoires.
4. De renforcer la protection des personnes neurodivergentes dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé, de l’accès aux services publics et de la vie sociale.
5. De responsabiliser les institutions et les professionnels lorsqu’une personne neurodivergente fait l’objet de pratiques discriminatoires, de maltraitance ou d’abus de pouvoir en raison de son fonctionnement neurologique.
📌 UNE PROPOSITION DE DÉFINITION
Nous proposons que puisse être considérée comme neurodiversité-phobe :
« Toute distinction, exclusion, restriction, propos, comportement ou traitement défavorable portant atteinte à la dignité, aux droits, à la liberté, à l’intégrité ou à la considération d’une personne en raison de son fonctionnement neurologique, réel ou supposé, ou de son appartenance à la neurodiversité. »
Cette définition devra notamment permettre de prendre en compte les discriminations, humiliations, violences, exclusions, préjugés et refus d’adaptation liés à la neurodivergence.
📌 POURQUOI C’EST URGENT
Parce qu’une personne ne devrait pas avoir à masquer son fonctionnement neurologique pour être respectée.
Parce qu’un enfant ne devrait pas apprendre à avoir honte de son cerveau pour être accepté à l’école.
Parce qu’un adulte ne devrait pas devoir s’épuiser à jouer en permanence le rôle du « neurotypique acceptable » pour conserver son emploi.
Parce qu’un diagnostic ne devrait jamais devenir un permis de ne plus écouter la personne concernée.
Parce que les familles ne devraient pas devoir se battre pendant des années pour faire reconnaître des besoins pourtant réels.
Et surtout :
Parce qu’être différent neurologiquement ne retire aucun droit.
✊ NOUS DEMANDONS À LA FRANCE D’AGIR
On a légiféré contre le racisme.
On a légiféré contre les discriminations.
On a renforcé la lutte contre l’homophobie et le sexisme.
Alors à quand un véritable cadre légal contre la haine et les discriminations visant les personnes neurodivergentes ?
Nous ne demandons pas un privilège.
Nous demandons une protection.
Nous ne demandons pas que l’on nous plaigne.
Nous demandons que l’on reconnaisse les violences que nous subissons.
Nous ne demandons plus seulement que l’on nous comprenne.
Nous demandons que la loi nous protège.
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