CDI, travail et garanties de l'État : le droit à un logement digne pour tous les parents qui se battent !
Initiative citoyenne
CDI, travail et garanties de l'État : le droit à un logement digne pour tous les parents qui se battent !
Madame, Monsieur les députés,
Je m'appelle Cassandra, assistante de vie dévouée auprès de personnes âgées et en situation de handicap, et j'ai l'ambition profonde d'intégrer prochainement une école d'aide-soignante, car le domaine du soin est ma vocation. Je me lève chaque matin pour travailler en CDI, tout en élevant seule mes enfants, dont l'une de mes petites filles est en situation de handicap et atteinte d'un TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité). Cette petite fille a un grand besoin de bouger, de se dépenser et d'accéder à un extérieur adapté. Pourtant, malgré cette activité professionnelle constante et mon engagement au service des plus fragiles, je me heurte à un mur infranchissable lorsque je souhaite offrir à ma famille une maison avec un jardin dans le parc privé.
Cette situation intolérable n'est pas un cas isolé : elle reflète le calvaire quotidien de millions de Français qui travaillent dur mais se voient injustement relégués. Il est urgent de légiférer pour faire cesser ces pratiques.
1. L'aberration de la règle des trois fois le loyer et le mirage des salaires exigés
L'exigence systématique de revenus équivalant à trois fois le montant du loyer constitue un filtre injuste, totalement déconnecté de la réalité économique du pays.
Avec un loyer de 800 ou 900 euros pour loger une famille, les propriétaires privés exigent aujourd'hui environ 4 000 euros de salaire net par mois. C'est une somme aberrante et inaccessible pour l'immense majorité des salariés.
En percevant un salaire indexé sur le SMIC malgré un CDI stable, cette règle m'exclut d'office des locations privées, comme elle exclut tant d'autres travailleurs essentiels.
Cette barrière mathématique envoie un message destructeur : à quoi bon se lever chaque jour pour travailler si les efforts fournis ne permettent même pas d'accéder à un toit digne et adapté aux besoins de ses enfants ? Aujourd'hui, il est devenu très rare de toucher 4 000 euros par mois en se levant tous les matins, et les salariés modestes se voient ainsi condamnés à la relégation sous prétexte que leur grille salariale ne correspond pas à des critères intenables.
2. Le rejet des parents solos et le culte du double CDI
En tant que parent solo, j'ai l'impression constante qu'on me ferme les portes parce que je n'entre pas dans le moule exigé.
Les agences et les propriétaires réclament systématiquement un foyer avec deux parents en CDI, rejetant d'office les mères ou pères qui élèvent seuls leur famille.
Pourtant, l'équilibre financier de mon foyer repose sur une combinaison solide de ressources : mon salaire d'assistante de vie pour lequel je me bats chaque jour, complété par les allocations de la CAF qui m'accompagnent au quotidien.
Malheureusement, les bailleurs font preuve d'un refus systématique de prendre en compte la réalité globale de nos entrées financières, ignorant purement et simplement nos aides pour ne juger que le strict salaire brut d'une personne seule.
3. Le mépris des garanties de l'État et la relégation dans les quartiers sociaux
Cette situation absurde perdure alors même que des dispositifs publics solides existent pour rassurer les bailleurs, et que les besoins des familles ne sont jamais pris en compte.
En faisant les démarches pour obtenir la garantie Visale délivrée par Action Logement, je dispose d'une caution officielle de l'État qui protège intégralement les propriétaires contre les impayés.
Malgré cette couverture financière robuste, les dossiers des familles monoparentales sont rejetés au profit de profils dits "traditionnels", niant la valeur des sécurités pourtant mises en place par les pouvoirs publics, et privant ma petite fille en situation de handicap d'une maison avec un jardin indispensable à son équilibre.
À force de nous fermer les portes du parc privé malgré notre travail quotidien, nous nous retrouvons contraints d'accepter des logements sociaux dans des quartiers et des environnements difficiles où, par notre travail et nos efforts de tous les jours, nous ne devrions même pas nous trouver. Travailler tous les matins devrait offrir le droit de choisir un cadre de vie digne et sécurisant pour ses enfants.
Nos demandes au législateur
Pour que le travail, le mérite, la réalité des situations financières et les besoins des enfants priment enfin sur les stéréotypes, nous demandons solennellement aux membres de la représentation nationale :
L'interdiction légale de la règle des trois fois le loyer dans le secteur privé dès lors que le candidat présente un contrat de travail stable (CDI) et des garanties officielles de solvabilité, telles que la garantie Visale.
L'obligation pour les bailleurs et les agences de prendre en compte l'ensemble des revenus du foyer — salaires et prestations familiales cumulés — dans l'évaluation de la solvabilité.
La valorisation réelle du travail et des métiers du lien social, afin qu'aucun travailleur ne se voie refuser un logement décent en raison de barèmes discriminatoires fondés sur des exigences irréalistes de 4 000 euros de revenus.
Il est temps de rendre justice à tous les travailleurs et à tous les parents qui se battent chaque jour pour leur famille, et de permettre enfin à ma petite fille en situation de handicap — ainsi qu'à des milliers d'enfants — de grandir dans un cadre de vie adapté et digne de leurs efforts.
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