Cancer : pour un accès égal au soin de support partout en France.
Initiative citoyenne
Cancer : pour un accès égal au soin de support partout en France.
Pétition sur l'après cancer.
Être soigné ne devrait pas dépendre de l'endroit où l'on vit. Être accompagné non plus.
En France, les soins oncologiques de support (soutien psychologique, activité physique adaptée, nutrition, prise en charge de la douleur, accompagnement social, kinésithérapie, soins socio-esthétiques, accompagnement après les traitements) font partie intégrante du parcours des personnes touchées par un cancer. Des dispositifs existent, des professionnels se forment et s'engagent, des associations accomplissent un travail remarquable. Mais l'existence d'un dispositif ne signifie pas que chaque patient peut réellement y accéder.
Les chiffres le confirment : 24 % des personnes ayant des séquelles liées à leur cancer n'ont été orientées vers aucun soin de support depuis le début de leur parcours. 19 % des personnes orientées vers ces soins ont renoncé à consulter, notamment pour des raisons financières ou géographiques. Et parmi les personnes souffrant de fatigue chronique, seules 26 % ont été orientées vers l'activité physique adaptée. Ces difficultés touchent en priorité les personnes à faibles revenus, celles dont le parcours de soins est complexe, et celles qui vivent dans des territoires où l'offre de soins de premier recours est moins dense.
La kinésithérapie illustre bien ce constat. Le Réseau des Kinés du Sein, créé pour accompagner les personnes opérées d'un cancer du sein, compte aujourd'hui environ 1 700 professionnels formés et continue de se développer. Mais son propre rapport d'activité souligne que le maillage territorial reste à renforcer, avec l'objectif qu'aucune personne opérée ne se retrouve sans prise en charge adaptée. Le problème n'est donc pas l'absence de professionnels engagés, mais l'accès réel de chaque patient à leurs compétences, dans des délais raisonnables et à une distance compatible avec son état de santé.
Les pouvoirs publics ont eux-mêmes reconnu cette difficulté : la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 pointe une forte hétérogénéité territoriale dans la lisibilité, l'accessibilité et la qualité de l'offre de soins de support, et le bilan de la feuille de route 2021-2025 reconnaît que les travaux sur leur organisation et leur financement doivent se poursuivre. La France a identifié le problème et commencé à agir ; l'égalité réelle d'accès reste à construire.
Nous ne demandons pas de créer ce qui existe déjà. Nous demandons que ce qui existe devienne réellement accessible à tous. Nous demandons :
Une évaluation systématique, dès le début du parcours puis régulièrement, des besoins physiques, psychologiques, nutritionnels, sociaux, professionnels et fonctionnels de chaque personne touchée par un cancer.
Une information claire et systématique pour chaque patient sur les soins disponibles, les professionnels ou structures qui les proposent, les lieux, les démarches, les délais et les restes à charge éventuels.
Un socle national de soins de support effectivement accessible à toute personne touchée par un cancer, quel que soit son lieu de résidence ou son établissement de soins.
Une véritable égalité territoriale : quand un soin ou un professionnel spécialisé n'existe pas à proximité, qu'une solution alternative soit systématiquement proposée.
Une meilleure coordination entre l'hôpital, les professionnels de proximité, les réseaux spécialisés, les associations et l'après-cancer, car la fin d'un traitement ne signifie pas la fin de ses conséquences.
Un accès équitable à la kinésithérapie spécialisée, dans des délais raisonnables et à une distance compatible avec l'état de santé du patient.
Une meilleure prise en compte des difficultés financières, pour qu'aucun patient ne renonce à un accompagnement nécessaire faute de moyens.
Une attention particulière aux territoires ruraux ou moins bien dotés en professionnels, avec des réseaux territoriaux, des professionnels formés ou des dispositifs de déplacement adaptés quand l'offre locale est insuffisante.
La publication régulière de données par territoire (offre disponible, délais d'accès, distances, restes à charge, patients orientés et patients réellement pris en charge), car ce qui n'est pas mesuré ne peut pas être corrigé.
Nous ne voulons opposer ni les établissements, ni les professionnels, ni les territoires. Nous voulons que chaque personne touchée par un cancer bénéficie d'un accès réellement équitable aux accompagnements dont elle a besoin. Le cancer ne choisit pas son lieu de résidence ; l'accompagnement ne devrait pas le faire non plus.
Nous demandons donc au Gouvernement, au ministère chargé de la Santé, à l'Assurance Maladie et aux acteurs nationaux et territoriaux de la cancérologie de poursuivre et d'accélérer la mise en œuvre d'une égalité réelle d'accès aux soins oncologiques de support partout en France.
Parce qu'après avoir combattu la maladie, personne ne devrait avoir à combattre seul pour obtenir l'aide dont il a besoin.
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