Non à l'obligation du port du casque à vélo
Initiative citoyenne
Non à l'obligation du port du casque à vélo
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée à la Citoyenneté, souhaite rendre le port du casque à vélo obligatoire. Paradoxalement cette mesure, que les Députés tentent régulièrement de faire passer, réduit l’usage du vélo et donc la sécurité des cyclistes. Par conséquent elle dégrade la santé publique, la protection du climat, le pouvoir d'achat des Français et la filière vélo française. Pour ces raisons, nous nous y opposons, comme la Fédération des Usagers et des Usagères de la Bicyclette (FUB) et le Réseau Vélo et Marche.
Explication : lorsque un pays oblige tous les cyclistes à s’équiper d’un casque, l’usage du vélo devient moins spontané, pratique et attractif. Par conséquent l'usage du vélo chute et avec lui l'effet « sécurité par le nombre » : plus les cyclistes sont nombreux et visibles dans la rue, plus les motorisés font attention à eux (et vice versa).
Cet effet a été confirmé par de nombreuses études, dont une célèbre étude de 2006 par Dorothy Robinson. Lorsque l’Australie et la Nouvelle Zélande ont rendu le port du casque obligatoire, le danger pour le cycliste n’avait pas baissé mais augmenté. Elle évoque une autre explication tout aussi contre-intuitive : le casque augmente le danger car le cycliste va se sentir protégé et prendra ainsi plus de risques. Cet effet appelé l’homéostasie du risque concerne aussi l’automobiliste : il percevra le cycliste casqué comme un cycliste protégé et expérimenté, et aura tendance à le frôler plus facilement (l’effet Walker).
Malgré l’évidence, beaucoup continuent à croire qu’il est urgent d’imposer le casque aux cyclistes. Les statistiques montrent exactement le contraire. Les cinq dernières années la fréquentation à vélo à augmenté de 40%, alors que le nombre de cyclistes décédés n’a augmenté que de 24%. Cela veut dire qu’il est presque deux fois plus sûr de faire du vélo aujourd’hui qu’il y a cinq ans ! Ce progrès s’explique par la hausse du nombre de cyclistes qui les protège davantage, mais aussi par le développement spectaculaire des aménagements cyclables. En dix ans le nombre de pistes cyclables a presque doublé, ce qui a fait bondir le nombre de cyclistes et a fait émerger une filière du vélo en 2024.
Si le gouvernement tient tant à la sécurité des cyclistes il ne faut pas les casquer, mais il faut casquer pour financer des pistes cyclables pour leur éviter des chocs. Comme aux Pays-Bas, où les deux seules catégories de cyclistes qui portent un casque sont les coureurs cyclistes et les touristes. L’écrasante majorité des cyclistes n'en portent pas car ils sont protégés par des pistes cyclables et par la réduction de la vitesse à 30 km/h.
En conclusion, nous ne sommes pas contre le casque ni contre la promotion du casque, mais contre l’obligation du port du casque à vélo. Nous préférons que le gouvernement refinance le Plan Vélo pour financer les infrastructures qui protègent les cyclistes, plutôt que de prendre une mesure contreproductive qui pénalise l’ensemble des usagers et des usagères à vélo.
Pétition déposée par Stein van Oosteren, élu aux mobilités à Fontenay-aux-Roses (92)
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