Moratoire immédiat sur la chasse en raison de l'urgence climatique
Initiative citoyenne
Moratoire immédiat sur la chasse en raison de l'urgence climatique
Notre pays et une grande partie de l'Europe sont touchés par des canicules à répétition, et une sécheresse sans précédent. Le mois de juillet est le mois le plus chaud jamais enregistré par Météo France, après un mois de juin où des températures inédites (plus de 42°) ont été atteintes en France, occasionnant de nombreuses mortalités constatées et des états de détresse pour des centaines de milliers d'animaux. Dans un élan inédit de solidarité envers la faune sauvage, des milliers de françaises et de français ont tant bien que mal tenté de lui venir en aide et si une partie a pu être absorbée par les centres de soins pour la faune sauvage, il est à présent nécessaire que l'effort fourni ne soit pas anéanti par la chasse, activité de loisir. Des avortements en raison de la chaleur sont constatés sur le cheptel domestique. La faune sauvage ne bénéficiant pas d'appoint d'eau et de nourriture est exsangue, dans un état de détresse encore plus prononcé. Rien ne permet de prédire une amélioration de la situation dans le courant du mois d'août, et a contrario, une étude menée par l'OFB a démontré que la sécheresse de 2003 a eu des impacts durables sur la taille moyenne et la reproduction du chevreuil. En outre, les animaux, gibiers ou protégés ayant survécu à ces conditions météorologiques hors normes, ont besoins de plusieurs mois pour récupérer de cette crise sans précédent, et reconstituer une partie de leurs effectifs.
L'ensemble des activités humaines ont été impactées et réorientées suite à cette canicule : restrictions de l'usage de l'eau, aménagement du temps de travail, fermeture d'écoles, interdictions de certaines pratiques. Dès lors, pour préserver la biodiversité, et respecter l'équité républicaine, il serait normal et urgent que la chasse soit suspendue. Croire que la canicule et et la sécheresse ont eu un impact sur tout sauf sur le gibier et ceux qui le convoitent serait constitutif de déni et d'aveuglement coupable.
Le bon sens, le sens de l'intérêt général et l'empathie pour le vivant, voudraient que les espèces gibiers puissent bénéficier d'une trêve, et que les espèces non-cibles, majoritairement protégées puissent de même bénéficier d'une période de récupération, au lieu d'être dérangées par des chiens courants hors de contrôle lors de battues à grands gibiers, dans un environnement forestier dévasté par la sécheresse, où les caches buissonnantes, les points d'eau et les ruisseaux ont disparu.
C'est pourquoi nous demandons
- un moratoire immédiat sur la chasse sur l'ensemble du territoire national afin d'offrir à la faune sauvage une période de répit permettant de faire réaliser un diagnostic de l'état des populations par un organisme pluridisciplinaire indépendant du monde de la chasse.
- un arrêt immédiat de l'agrainage du sanglier, en raison de son impact désastreux sur la démographie de cette espèce et des perturbations du milieu naturel en découlant, ainsi que de son impact sur la culture du maïs, et de ses répercussions en termes d'irrigation et d'usage de l'eau.
Gilles MOYNE- Directeur du Centre Athénas, centre de soins pour la faune sauvage en Bourgogne Franche Comté
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