Une loi-cadre pour l'avenir de nos forêts
Initiative citoyenne
Une loi-cadre pour l'avenir de nos forêts
Des habitants ayant perdu leurs maisons, des pompiers épuisés face aux incendies incontrôlables et aux décès tragiques de leurs collègues, des animaux piégés par les flammes et des agriculteurs-paysagistes-ouvriers qui, par solidarité, essayent de compenser les manquements de l’Etat, telle est la situation sur laquelle il ne faudrait pas polémiquer.
Est-ce polémiquer que de s’indigner des 160 000 hectares déjà brûlés entre janvier et juillet 2026 en France ? Est-ce polémiquer que d’être choqué qu’en quelques jours, en Gironde et dans les Landes, plus de 220 000 personnes aient été déplacées ? Est-ce polémiquer que de ne voir aucun département épargné par les flammes dévastatrices de la Seine-et-Marne au Var, à la Corse en passant par la Drôme ?
Une telle intensité de feu et une propagation aussi rapide n’est pas le fruit du hasard. Nous le savons pourtant, depuis des années, que les conséquences du changement climatique seront dramatiques. Selon Météo France, ce n’est qu’un début : d’ici 2100, dans une France à plus de quatre degrés, la saison des feux pourrait durer un à deux mois supplémentaires, détruisant nos forêts et, avec elles, notre biodiversité, notre eau, notre dioxygène. Malgré cette urgence, nos dirigeants regardent, ou plutôt investissent, ailleurs.
En effet, les moyens manquent cruellement : une flotte de seulement 12 canadairs avec de grosses difficultés de maintenance, un manque de 300 camions citernes et des camions vieillissants ne correspondant plus aux normes, un effectif de l’Office National des Forêts réduit de 15 000 agents à 8200 en 40 ans, un manque de 50 000 sapeurs-pompiers, pompiers qui sont d’ailleurs à 78% des volontaires payés moins que le salaire minimum. Ce n’est pas faute d’avoir été prévenus. Mais aux alertes répétées des experts scientifiques, des militants écologistes, des pompiers, n’ont été répliquées que menaces, coupes budgétaires et bombes lacrymogènes. La coupe de 50 millions d’euros dans le fond de sécurité civile en 2024, la réduction drastique du Fond vert en 2025, n’ont fait que renforcer notre impréparation face à la menace climatique.
Face à cette réalité, une pétition pour une loi : une loi-cadre transpartisane pour protéger les forêts, comme celle déposée en juillet par 57 députés. Cette proposition de loi permettrait de créer un Fonds national d’adaptation des forêts au risque incendie, de promouvoir la sylviculture mélangée, d’interdire le dessouchage, de limiter le morcellement de la propriété forestière, de développer une programmation pluriannuelle de l’emploi à l’Office National des Forêts. Nous demandons que cette loi soit inscrite à l’ordre du jour dès l’ouverture de la session ordinaire en septembre. Bien sûr, cette loi doit être accompagnée d’une loi visant à protéger, accompagner et financer davantage les services d’incendie et de secours. Nous rappelons, de plus, que rien ne se fera sans réelles promesses budgétaires. La loi de finance 2027 devra intégrer l’urgence climatique à travers un renforcement conséquent du Fonds vert et du Fonds de sécurité civile ainsi qu’un financement fort de nos services publics.
Nous ne pouvons revivre en 2027 un été similaire à celui de 2026. Des actions de prévention et d’adaptation sont vitales dès maintenant. En tant que citoyens, face aux incendies, il nous reste peu de moyens d’agir. Cette pétition est une des armes dont nous disposons pour à la fois exprimer notre colère face à la situation et nourrir notre espoir que des mesures importantes soient prises.
Enfin, nous affirmons, en tant que signataires, que nous resterons mobilisés. Nous ne pouvons-nous contenter de déplorer. Nous surveillerons avec grande attention les actions des Parlementaires et du Gouvernement jusqu’aux élections 2027.
Vous élus passés, élus présents et élus futurs, vous êtes responsables. Nous devons arrêter de croire que nous, petits humains, pouvons contrôler notre environnement, nous devons cohabiter, collaborer avec la nature : « ce qui brûle aujourd’hui n’est pas seulement une forêt, mais une manière d’habiter le territoire qui n’est plus possible » (C. Fleury, S. Depleyrat-Vincent).
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