La Loi Duplomb via la Loi d'Urgence Agricole, c'est toujours NON !
Initiative citoyenne
La Loi Duplomb via la Loi d'Urgence Agricole, c'est toujours NON !
Nous, citoyennes et citoyens, exprimons une fois de plus notre opposition à la réintroduction des néonicotinoïdes et au projet de loi d'urgence agricole.
Lors de son passage au Sénat, les membres de la chambre haute ont décidé d'intégrer les dispositions de la loi Duplomb au sein du projet de loi d’urgence agricole.
Cela constitue une insulte aux alertes scientifiques et aux millions de citoyens qui se sont mobilisés l'été dernier.
Nous le répéterons autant de fois qu’il le faudra : non, c’est non !
Nous refusons un tel empoisonnement de nos sols, de notre eau et de nos corps.
Nous refusons l’exposition des agriculteurs, de leurs familles et des riverains de parcelles traitées à l’acétamipride.
Les études scientifiques sont suffisamment probantes et nombreuses pour au moins invoquer le principe de précaution: l’acétamipride altère le fonctionnement de cellules neuronales humaines, c’est son mécanisme d’action. Des impacts sur le cerveau en développement ont été observés dans plusieurs études sur des animaux de laboratoire. Chez l'homme, une exposition à l’acétamipride a été associée à différents troubles neurologiques. L’acétamipride et son principal produit de dégradation traversent les barrières placentaires et hémato-encéphaliques.
Que faut-il de plus pour que Monsieur Duplomb et Madame Genevard renoncent à ce projet ? Est-il nécessaire d’aller jusqu’à tester l’acétamipride directement sur des femmes enceintes et enfants pour avoir ce fameux lien de “causalité” certain, impossible à atteindre autrement ?
Il n’est plus possible de systématiquement se ranger derrière les avis réglementaires, utilisés trop facilement comme argument d’autorité, quand on sait que l’immense majorité des études académiques sont jugées systématiquement “non fiables” ou carrément ignorées par les agences.
Nous refusons l'aggravement de l’effondrement de la biodiversité par l'utilisation de pesticides “tueurs d’abeilles” qui affectent l'ensemble des insectes pollinisateurs, organismes non-cibles et leurs chaînes trophiques, en particulier les oiseaux.
Soyons clairs : il est montré par un nombre conséquent de travaux que ces effets toxiques surviennent à des doses jugées “sûres” par les agences réglementaires. Là encore, l’argument d’autorité ne tient pas: l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) reconnaît elle-même que sa méthodologie d’évaluation des pollinisateurs est défaillantes et ne permet pas de considérer les effets sublétaux (ne conduisant pas directement à la mort de l’insecte) et ne permet pas de protéger les milliers d’espèces d’abeilles sauvages. Là encore, ce sont des pans entiers de connaissances qui sont ignorés par le processus réglementaire.
Pouvons-nous s’il vous plaît avoir un minimum de vision à long terme : que deviendra notre agriculture lorsque la majorité des pollinisateurs aura disparu ?
Nous refusons enfin la contamination durable de nos eaux par le flupyradifurone et ses métabolites, tous très persistants dans l’eau. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié en 2015 que tous les usages de cette substance entraînent une contamination “inacceptable” des eaux souterraines, menaçant de surcroît la qualité de l’eau potable.
La réintroduction des néonicotinoïdes est le symbole d'un modèle qui cherche à maximiser les profits de quelques agroindustriels au détriment de notre environnement, des paysans qui veulent travailler dans des conditions dignes et des fermes engagées dans des modèles résilients comme l'agriculture bio.
La compétitivité sur les marchés internationaux, en concurrence avec des pays moins-disants sur le plan environnemental et social, ne doit plus être la boussole de nos politiques agricoles.
C'est tout le projet de loi d'urgence qui doit être rejeté.
Nous demandons :
- l’abandon de ce projet de loi délétère pour la santé publique et environnementale ainsi que l'avenir de notre agriculture ;
- la cessation de la dépendance de l’agriculture française aux intrants de synthèse ;
- la prise en compte de la littérature académique la plus récente dans les processus d’autorisation, de renouvellement et d’interdiction de mise sur le marché des pesticides ;
- la transformation profonde des systèmes de production pour une agriculture rémunératrice qui nourrisse la population plus que les marchés mondiaux.
- une action résolue de l'Etat pour aider nos agriculteurs à se tourner vers l'agriculture biologique et soutenir la demande pour ces produits.
Nous avons été plus de 2,1 millions de signataires pour la pétition contre la loi Duplomb.
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, de l’Assemblée nationale et du Sénat, vous porterez la responsabilité politique de cette décision.
En 2027 : aucune voix pour les défenseurs des lois Duplomb !
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