Interdire réellement les vols intérieurs en France métropolitaine
Initiative citoyenne
Interdire réellement les vols intérieurs en France métropolitaine
En France l’avion devrait être l’exception et non la norme.
Le transport est le premier poste d'émission de gaz à effet de serre en France (34 % des émissions des émissions). L'avion est le mode de transport collectif le plus carboné en France (2,25kg), devant la voiture (1,42kg) et loin devant le train (0,03kg). Le train est 112,5 fois plus écologique que l'avion et la voiture l'est 58,45% plus. [1]
Il existe aujourd'hui un consensus scientifique sur l’impact désastreux de l’avion sur l’environnement. Le débat se concentre en réalité d'avantage sur son degré de nocivité qui pourrait être 2 à 3 fois supérieur aux émissions de Co2. (Haut conseil pour le climat : traînées de condensation, émissions d’oxyde d’azote (NOx) ayant un impact jusqu’à 310 fois plus néfaste que les émissions de cO2). [2]
Alors que les émissions françaises sont censées baisser d'autour de 5% par an pour tenir les trajectoires que nous nous sommes fixées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, les objectifs sont loins d'être tenus. [3]
Étant donné la part des vols internes dans l'aviation (hors DROM-COM) leur suppression entrainerait une baisse immédiate de 9% du total de l'aérien commercial en France. [4]
La problématique qui est d'intérêt général, supplante très largement les intérêts particuliers qu'ils soient économiques ou sociaux.
Le climat constitue un enjeu de santé publique majeur. Les plans sans budget, ainsi que les coupes budgétaires dans les programmes existants s'inscrivent dans une tendance désastreuse d'abandon de cette thématique, alors même que les conséquences du changement climatique se font dors et déjà ressentir et ne vont faire qu'augmenter dans les années à venir.
Ce mouvement d'abandon, alors que l'anticipation est la clé d'un futur habitable, est une procrastination insupportable.
Alors que l'obstruction au déploiement d'une politique climatique à la hauteur des enjeux se déploie "via des actions organisées de lobbying concernant différents secteurs industriels (notamment automobile, aviation et énergies fossiles)" qui sont très largement documentées dans "plusieurs pays européens", il est d'autant plus important que les citoyens se dressent contre ces attaques mortifères. [5]
La première étape est de sortir de l'inaction, du "on y peut rien" et des formules toutes faites telles que "la France ne représente que 1%" des émissions mondiales". Ces pensées traduisent un défaitisme et un comportement de déni collectif. Nous sommes une génération qui a encore la chance d'avoir la capacité d'infléchir les choses et il est de notre devoir d'agir immédiatement par des mesures concrètes.
Cette suppression doit servir de catalyseur pour enclencher la dynamique d'un report modal vers des transports plus durables, accompagné d'une croissance des investissements en particulier dans le train.
Enfin, cette pétition doit servir pour montrer aux personnes qui aspirent à gouverner que ce sujet figure au sommet des priorités des français.
Cette proposition constituait l'une des mesures phares avancées il y a 6 ans, le 21 juin 2026, par la Convention Citoyenne pour le Climat : "Organiser progressivement la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs d’ici 2025, uniquement sur les lignes où il existe une alternative bas carbone satisfaisante en prix et en temps (sur un trajet de moins de 4h)." [PROPOSITION SD-E2]
Si elle a été bien reprise par le gouvernement dans la Loi Climat et Résilience (ci après "LCR") du 22 août 2021 (article 145 : article L6412-3 II du Code des transports) [6] et précisée ensuite par un décret en date du 22 mai 2023 [7], ces texte l'ont totalement vidée de sa substance pour rendre la proposition totalement inopérante.
Partant de la proposition ambitieuse de la Convention Citoyenne pour le Climat, chaque étape (législative et règlementaire) a marqué un recul pour l'ambition initiale jusqu'à la réduire à néant. D'abord la LCR qui passe la limite de 4 heures à 2h30 et ensuite le décret qui introduit des conditions tellement strictes que la loi est tout bonnement restée sans effet.
En effet comme l'a parfaitement documenté le journal Le Monde dans un article du 24 mai 2023, l'introduction de ces exceptions a abouti à la fermeture d'uniquement 3 lignes en France. [8]
Le décret en question est arrivé à expiration le 22 mai 2026. Au même moment (hasard du calendrier), la France traversait la canicule la plus précoce de son histoire, dépassant d’entre 10 et 15 degrés les normales saisonnières. Un évènement qui avait 1 chance sur 1000 de se produire dans un climat normal est qui a été qualifié à juste titre d'ovni climatique. [9]
Aujourd'hui la baisse des nos émissions passe impérativement par la sobriété, ce qui impliqué une réduction du trafic aérien et plus largement pas la prise en compte concrète sans annonces dénuées d'effets de solution actionnables immédiatement.
Devenons le premier pays au monde à réellement interdire les vols intérieurs et positionnons nous en tant que pionniers sur la lutte contre le changement climatique en opérant un choix de société rationnel et aligné avec nos valeurs.
Par cette pétition, nous demandons :
La modification du seuil à 6h ;
L'inscription dans la loi de l'interdiction pour le pouvoir règlementaire d'imposer des conditions de nature à réduire la portée de cette règle ;
Le déblocage de financements dès à présent pour désenclaver les lignes desservant les villes les plus impactées par cette suppression par le train.
L'élaboration d'une politique d'atténuation et d'adaptation aux effets du changement climatique à la hauteur des enjeux tous secteurs confondus ;
Lancer des initiatives à l'échelle européenne et mondiale pour rationaliser l'usage de l'avion.
Sources citées :
[1] Ademe : base empreinte
[2] Haut Conseil pour le Climat - Rapport 2025 - Page 119
[3] Stratégie nationale bas-carbone (SNBC)
[4] Chiffres de 2019 :
[5] Haut Conseil pour le Climat - Rapport 2025 - Page 35
[6] LOI n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets - Article 145
[7] Décret n°2023-385 du 22 mai 2023 - art. 1
[8] Le Monde - 24.06.2023 - L’interdiction des vols intérieurs courts en France, une mesure vidée de sa substance
[9] Le Monde - 25.06.2026 - « Cet épisode de chaleur est un événement sans précédent », prévient le climatologue Christophe Cassou
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