Urgence climatique et sanitaire : pour un plan d'investissement massif et immédiat d'adaptation de nos infrastructures
Initiative citoyenne
Urgence climatique et sanitaire : pour un plan d'investissement massif et immédiat d'adaptation de nos infrastructures
La France traverse des phénomènes climatiques extrêmes d'une intensité inédite. Avec de nombreux départements placés simultanément en vigilance canicule, la plupart rouge, l'impact du dérèglement climatique n'est plus une projection à long terme, mais une réalité quotidienne qui met en péril la sécurité sanitaire, alimentaire et économique du pays. Les records absolus de chaleur, cumulés à des orages violents et destructeurs, le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), les inondations extrêmes et répétées, fragilisent structurellement nos habitations, nos exploitations agricoles, nos infrastructures publiques et privés et nous mettent en danger de mort.
Les alertes scientifiques sont documentées (rapport Meadows dès 1972, les différents rapports du GIEC etc) . Pourtant, l'adaptation de nos bâtiments (publics et privés), de nos infrastructures routières, ferroviaires, de télécommunications, de santé, etc., reste largement insuffisante voire absente face à l'ampleur des chocs thermiques actuels et des différents manifestations du dérèglement climatique.
L’argument de la contrainte budgétaire ne peut plus être opposé à l'urgence de l'investissement. À titre de comparaison, la crise du Covid-19 a démontré la capacité de l'État à mobiliser des centaines de milliards d'euros pour protéger la population et l'économie.
Selon les données de l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) et l'Ademe, le coût de l'inaction climatique en France dépassera très largement les investissements nécessaires à une adaptation planifiée.
Les assureurs multiplient les études. Selon l'une d'elle, très récente, les périodes de chaleur pourraient entraîner une perte d’économie à hauteur de 7% du PIB, soit 206 milliards d’euros entre 2026 et 2030.
Par ailleurs, les pertes de production liées à la chaleur pourraient réduire les recettes fiscales françaises d’environ 1,8% par an.
Les pertes agricoles, la baisse de productivité du travail due aux chaleurs extrêmes et les coûts de réparation des infrastructures et des habitations menacent directement la stabilité économique de la Nation.
La résilience humaine et psychologique a atteint ses limites ; ce sont désormais des infrastructures résilientes et adaptées dont le pays a besoin.
La posture de la planification à long terme et la lenteur bureaucratique ministérielle ne sont plus tenables face à l'urgence du calendrier climatique. Une simplification administrative et des dérogations d'urgence sont indispensables pour permettre aux collectivités locales (mairies, départements, régions) et aux services de l'État d'agir sans délai.
Pour éviter la maladaptation ( ces solutions de court terme qui aggravent le problème à long terme, comme l'usage massif et non raisonné de la climatisation traditionnelle), les solutions existent :
- Isolation thermique d'urgence et végétalisation des crèches, écoles et hôpitaux.
- Révision immédiate des normes de construction, et de rénovation; accélération des chantiers de rénovation globale.
- Adaptation des horaires dans les lieux publics, commerces, entrerpises pour préserver la continuité de la vie sociale en toute sécurité. A l'instar de ce qui est fait en Allemagne dans l'éducation par exemple avec "Hitzefrei", ou bien aussi en Espagne.
En tant que citoyenne française, mère de 3 enfants en primaire, et fille de personnes âgées, consciente de la dissonance majeure entre l'urgence du terrain et les délais administratifs actuels, je vous demande :
- le vote d'une loi de programmation d'urgence pour l'adaptation climatique débloquant des fonds massifs et sanctuarisés, comparables aux efforts déployés lors des crises sanitaires majeures,
-La simplification drastique des procédures administratives et des circuits de décision ministériels pour l'octroi des aides à la rénovation et à l'adaptation des infrastructures publiques et privées.
- La mise en place d'un mécanisme de contrôle strict pour proscrire tout investissement public menant à de la maladaptation.
Le sursaut national est possible. Le Parlement dispose des prérogatives nécessaires pour contraindre l'action publique à se hisser à la hauteur du péril sanitaire et sécuritaire actuel.
Partager: