Pour lutter contre la précarité étudiante : améliorer les bourses sur critères sociaux
Initiative citoyenne
Pour lutter contre la précarité étudiante : améliorer les bourses sur critères sociaux
Nous, étudiantes, étudiants, représentantes et représentants d’organisations étudiantes, demandons à l’Assemblée nationale d’ouvrir un débat sur la réforme des bourses sur critères sociaux. La précarité étudiante constitue un fait social profond, abondamment documenté par de nombreuses enquêtes et études. Le budget nécessaire pour mener une vie étudiante digne ne cesse de croître, faisant de l'accès à l’enseignement supérieur un véritable luxe pour une partie de la jeunesse.
Les données récentes dressent un tableau préoccupant : environ 26 % des étudiants déclarent faire face à des difficultés économiques importantes, selon l'Observatoire de la Vie Étudiante. Plus révélateur encore, selon le baromètre IFOP-COP1 2025, plus d’un·e étudiant·e sur 3 saute régulièrement des repas faute d'argent suffisant.
Enfin, parmi les situations les plus extrêmes, 1 étudiant sur 10 confie avoir déjà été contraint de dormir dehors ou dans un véhicule au cours des douze derniers mois.
Aujourd’hui, les bourses sur critères sociaux sont indispensables pour des centaines de milliers d’étudiantes et d’étudiants. Elles leur permettent de payer une partie du loyer, de l’alimentation, des transports, des frais de santé, du matériel pédagogique et de toutes les dépenses nécessaires à la poursuite des études.
Depuis 2017, le gouvernement promet une réforme d’ampleur du système des bourses, sans qu’elle n’ait jamais vu le jour. Pourtant, les étudiantes et étudiants ne peuvent plus attendre.
Face à l’ampleur de la précarité étudiante, des réponses urgentes doivent être apportées. Le système actuel des bourses sur critères sociaux ne protège plus suffisamment celles et ceux qui en dépendent. D’abord, leur montant n’est pas automatiquement indexé sur l’inflation. Quand les prix augmentent, les étudiant·es perdent directement du pouvoir d’achat, leur capacité à se nourrir et se loger, sans que leur aide suive cette évolution.
Les barèmes d’éligibilité doivent également être revus. Aujourd’hui, les barèmes des bourses sur critères sociaux sont calculés sur les revenus des parents et non pas sur les besoins propres des étudiantes et étudiants. Sans revalorisation systématique de ces barèmes à hauteur de l’évolution des salaires, chaque année des étudiantes et étudiants sont exclus du dispositif ou perdent une partie de leur aide, non pas parce que leur situation sociale s’est réellement améliorée, mais parce que les seuils n’ont pas suivi l’évolution du coût de la vie.
En 2024, 17 000 étudiants ont ainsi perdu leur droit à la bourse et, en 2025, plusieurs milliers supplémentaires sont sortis du dispositif alors même que le nombre d’étudiantes et d’étudiants continue de croître. De plus, les bourses ne tiennent aujourd’hui pas assez compte des particularités du coût de la vie dans les territoires d’Outre-mer alors qu’ils comptent des dizaines de milliers d’étudiant·es. Le complément actuel reste largement insuffisant face à un coût de la vie souvent bien supérieur à celui de l’Hexagone, renforçant les inégalités territoriales et poussant une partie de la jeunesse à renoncer à des études supérieures.
Enfin, les bourses sont aujourd’hui versées sur 10 mois, alors que les charges étudiantes ne s’arrêtent pas en juillet et en août. Les loyers, les factures, les transports, l’alimentation et les besoins de la vie quotidienne continuent toute l’année.
La précarité étudiante ne prend pas de vacances. Les bourses ne devraient pas en prendre non plus.
Nous demandons donc :
1. L’indexation automatique des montants des bourses sur critères sociaux sur l’inflation, comme toutes les autres aides sociales en France.
2. L’indexation automatique des barèmes d’éligibilité afin d’éviter que des étudiantes et étudiants ou leurs familles sortent du dispositif uniquement parce que les seuils n’ont pas suivi l’évolution du coût de la vie.
3. Le versement de deux mensualités supplémentaires de bourse en juillet et août.
Ces mesures sont simples, justes et urgentes. Elles répondent à une réalité concrète : la précarité étudiante ne connaît pas de pause estivale et le coût de la vie ne cesse de peser sur les conditions d’étude, à tel point que chaque année de plus en plus d’étudiant·es renoncent à manger à leur faim ou même à leurs études.
Dans l'attente d'une refonte systémique des bourses à la hauteur, ces mesures doivent être adoptées au plus vite, car l’urgence de la précarité étudiante ne peut plus attendre.
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