Contre la baisse des moyens dans les établissements scolaires du second degré
Initiative citoyenne
Contre la baisse des moyens dans les établissements scolaires du second degré
La baisse démographique devrait être une opportunité à saisir pour améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et de travail des personnels de l'éducation nationale: nous en sommes loin.
Le gouvernement affiche des ambitions louables pour les élèves mais ne s’en donne pas les moyens. L'éducation nationale subit des coupes budgétaires depuis des années ; encore une fois, à la rentrée 2026, près de 4000 postes d'enseignants sont supprimés, dont 1365 dans le second degré.
Les rapports de l'INSEE ou de France stratégie, tout comme les enquêtes internationales, montrent que l'école française ne parvient pas à compenser les inégalités de naissance: la France est même l’un des pays les moins performants de l’OCDE dans ce domaine.
De nombreuses actions sont lancées pour favoriser la réussite et l'épanouissement de tous les élèves : accompagnement personnalisé, tutorat, stages de remises à niveau, différenciation pédagogique, accompagnement à l'orientation, plan mathématiques au collège, plan filles et maths, inclusion scolaire, agir pour promouvoir le bien-être et la santé mentale des élèves, lutter contre le harcèlement entre élèves, programme d'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité, éducation artistique et culturelle, convention citoyenne sur les temps de l'enfant...
Ces initiatives sans moyens masquent difficilement un manque d'ambition et de remise en question d'un système scolaire inégalitaire.
En effet, dans la réalité des établissements scolaires, ce sont des dotations en heures d'enseignement de plus en plus contraintes, des médecins scolaires rarissimes, des infirmiers et psychologues de l'éducation nationale trop souvent à temps très partiel et sur plusieurs établissements, des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) en nombre insuffisant.
Les effectifs par classes sont de plus en plus chargés: 30 élèves (au collège) ou 35 (au lycée) sont maintenant la norme, avec de moins en moins de demi-groupes.
Les dispositifs prévus par les textes, pourtant chiffrés, sont inexistants dans la plupart des établissement : il en est ainsi des 72h annuelles d'accompagnement personnalisé ou des 54h annuelles dédiées à l'orientation des lycéens.
Le gouvernement souhaite faire du bac professionnel une voie d'excellence et valoriser les filières technologiques : pourtant, le manque de places est criant et chaque année, des élèves subissent leur orientation car ils ne sont pas affectés en voie professionnelle ou technologique de leur choix.
Dans les filières générales, la réforme du baccalauréat, qui visait à diversifier les parcours en proposant de nouvelles spécialités, perd son sens. En effet, faute de moyens, la majorité des lycées ne propose qu'un nombre restreint de spécialités. Les petites spécialités et les options, nécessaires pour l'orientation, l'ouverture culturelle et l'épanouissement personnel sont souvent sacrifiées.
Dans ces conditions, l'école publique et ses ambitions de mixité scolaire et sociale sont progressivement affaiblies, contrastant de plus en plus avec un enseignement privé qui garde des moyens, instaurant ainsi une école à deux vitesses.
L'attractivité du métier d'enseignant est en baisse et chaque année, le nombre de candidats au concours est insuffisant. Pour pallier les difficultés de recrutement, plutôt que de s'attaquer à la revalorisation du métier, le gouvernement supprime des postes et ferme des classes. Ainsi, du fait du manque d'enseignants en technologie, depuis deux ans, les élèves de 6e ont 25h de cours hebdomadaires au lieu de 26, l'heure de technologie ayant été supprimée. Ce qui se passe dans cette discipline en menace d'autres. Nous avons besoin d'enseignants et de personnels médicaux, sociaux, éducatifs, en nombre suffisant au sein de notre école pour garantir un service public d'éducation de qualité, lutter contre les inégalités et favoriser le bien-être et la réussite de tous les élèves.
Nous demandons au gouvernement de revenir sur toutes les baisses de dotations budgétaires pour la rentrée 2026, pour se donner les moyens d'appliquer les textes et les plans ambitieux dont il est l'auteur.
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