20 millions de malades chroniques ne sont pas des fraudeurs
Initiative citoyenne
20 millions de malades chroniques ne sont pas des fraudeurs
Le plan de lutte contre l'absentéisme présenté le 9 avril 2026 prévoit de plafonner les arrêts maladie à un mois, d'ouvrir un bouton d'alerte aux employeurs ou encore de généraliser un outil de signalement pour les médecins. Ces mesures sont présentées comme ciblant la fraude.
Mais elles s'appliqueront mécaniquement aux 20 millions de Françaises et Français atteints d'une maladie chronique — soit près d'une personne sur trois — dont les arrêts peuvent être, par nature, longs et répétitifs. Plafonner un arrêt à un mois pour une personne atteinte de polyarthrite, de sclérose en plaques ou d'un cancer en cours de traitement, ce n'est pas lutter contre la fraude : c'est créer un parcours d'obstacles à chaque rechute.
Au-delà des effets pratiques, ces mesures envoient un signal symbolique lourd : assimiler durée et répétition d'un arrêt à une suspicion de fraude, c'est stigmatiser des millions de personnes dans leur entreprise, face à leur médecin, et dans le regard social. La maladie chronique n'est pas un choix. Elle ne devrait pas devenir une présomption de culpabilité.
La littérature scientifique documente le phénomène inverse du présentéisme : des salariés malades qui, culpabilisés, renoncent à s'arrêter, font des rechutes et génèrent in fine des arrêts plus longs et plus coûteux. Un bouton d'alerte employeur risque d'amplifier ce phénomène, à rebours de l'objectif recherché.
NOUS DEMANDONS
1 - Que les associations de malades chroniques soient associées aux concertations avant septembre 2026
- Aucune association de patients n'est à ce jour consultée sur cette réforme
- Nous demandons un échange formel avec la Présidence de la République et les ministères concernés avant l'entrée en vigueur des mesures
2 - Que la réforme intègre un axe fort « maintien dans l'emploi et maladies chroniques »
- Facilitation et financement des temps partiels thérapeutiques, aujourd'hui sous-utilisés
- Simplification des aménagements de poste via le médecin traitant et le médecin du travail
- Visites médicales de mi-carrière systématiques pour détecter les pathologies chroniques avant qu'elles n'entraînent des arrêts longs
- Droit à des absences courtes et planifiées pour soins sans déclenchement de procédure de contrôle
- Référent maladie chronique en entreprise, sur le modèle du référent handicap
3 - Un investissement massif dans la prévention primaire et secondaire
- Campagnes de sensibilisation des employeurs et équipes RH sur la réalité des maladies chroniques, souvent invisibles
- Implication des associations de patients dans les négociations de branche et accords d'entreprise
- Financement de programmes de prévention en entreprise ciblant les pathologies chroniques les plus fréquentes
4 - Un discours public qui distingue clairement la fraude de la maladie
- Cesser d'associer dans un même plan « lutte contre la fraude » et « arrêts longs et répétitifs »
- Reconnaître publiquement que la majorité des arrêts longs sont médicalement justifiés
- Ne pas faire peser sur les malades chroniques la suspicion née d'une minorité de comportements abusifs
En signant cette pétition, vous demandez au gouvernement de ne pas confondre maladie et fraude, et de construire une réforme juste pour les 20 millions de malades chroniques en France.
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