Pour une action immédiate contre la contamination au cadmium des sols et de l’alimentation en France
Initiative citoyenne
Pour une action immédiate contre la contamination au cadmium des sols et de l’alimentation en France
Nous, citoyens, demandons au gouvernement français de prendre sans délai des mesures concrètes pour réduire l’exposition de la population au cadmium, métal lourd hautement toxique.
Depuis plus de quinze ans, les données scientifiques s’accumulent et convergent : la population française est surexposée au cadmium, principalement par l’alimentation. Dès 2010, les premières grandes études de biosurveillance mettaient en évidence cette imprégnation. En 2021, l’étude nationale Esteban de Santé publique France révélait que les niveaux de cadmium avaient presque doublé en dix ans, atteignant des valeurs 3 à 4 fois supérieures à celles observées dans d’autres pays européens ou en Amérique du Nord.
Le 25 mars 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a confirmé qu’une « part significative » de la population française présente des niveaux d’imprégnation « préoccupants », et alerte sur une situation qui ne cesse de se dégrader.
Cette inaction est d’autant plus inacceptable que les dangers du cadmium sont parfaitement documentés :
• Classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction depuis 2012 ;
• Associé à de nombreux cancers (rein, poumon, prostate, sein, pancréas) ;
• Responsable d’effets graves sur les reins, le système cardiovasculaire et le développement neurologique ;
• Facteur majeur d’ostéoporose, avec des conséquences sanitaires et économiques considérables.
Plus alarmant encore, les données montrent une imprégnation dès le plus jeune âge, avec des niveaux critiques atteints chez les enfants, signe d’une contamination diffuse et durable.
Malgré ces constats répétés :
• Les seuils de cadmium autorisés dans les engrais phosphatés restent très supérieurs aux recommandations scientifiques ; La France maintient actuellement une limite de 90 mg/kg, alors que l’Union européenne a abaissé ce seuil de 60 à 40 mg/kg, et que plusieurs États — dont la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie et la Roumanie — appliquent déjà la valeur de 20 mg/kg, prévue à l’échelle européenne pour 2035.
• Aucun encadrement strict n’a été mis en place pour limiter la contamination des sols agricoles ;
• Les mesures annoncées sont sans cesse reportées ou laissées à l’état de projet : un projet de réduction progressive présenté en 2023 n’a toujours pas été publié à ce jour (2026) ;
• La population n’est pas informée de manière claire et transparente sur les risques encourus.
Nous dénonçons une inertie politique injustifiable face à un enjeu de santé publique majeur.
En conséquence, nous demandons :
1. Une réduction immédiate des teneurs maximales en cadmium dans les engrais phosphatés, alignée sur les recommandations scientifiques (20 mg/kg) ;
2. La mise en place d’un calendrier contraignant et public pour atteindre ces objectifs sans délai supplémentaire ;
3. Le recours prioritaire à des sources d’approvisionnement pauvres en cadmium ou à des procédés de décadmiation ;
4. Le développement et le soutien de pratiques agricoles limitant l’accumulation du cadmium dans les sols ;
5. La création d’une base de données publique sur la composition des engrais commercialisés en France ;
6. La révision à la baisse des seuils de cadmium autorisés dans les denrées alimentaires ;
7. Une campagne nationale d’information pour alerter la population sur les sources d’exposition et les moyens de les réduire.
Le temps n’est plus à l’expertise, mais à l’action.
Chaque année de retard aggrave une contamination déjà massive et expose durablement des millions de personnes, y compris les plus jeunes.
Nous refusons que l’inaction actuelle transforme un problème connu en crise sanitaire majeure.
Nous demandons des décisions immédiates, fondées sur les connaissances scientifiques disponibles, pour protéger la santé de la population et préserver les sols agricoles français.
Signer cette pétition, c’est exiger que la santé publique cesse d’être reléguée derrière l’inaction.
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