Clarifier les hommages institutionnels - pour l’égalité symbolique entre les victimes
Initiative citoyenne
Clarifier les hommages institutionnels - pour l’égalité symbolique entre les victimes
Le mardi 17 février 2026, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à une victime de violences politiques.
Ce geste, quelle que soit l’intention qui l’a motivé, a suscité une vive controverse et un profond malaise civique à l’échelle nationale.
Non par refus de la compassion, mais en raison d’un problème plus fondamental : l’absence de cadre clair, stable et équitable régissant les hommages rendus par la représentation nationale.
Une minute de silence observée en séance publique n’est pas un geste privé.
C’est un acte institutionnel, porté au nom de l’ensemble du peuple français.
À ce titre, il engage la neutralité symbolique de l’Assemblée, l’égalité de considération entre les citoyens et la cohérence de la mémoire nationale.
En l’absence de règles explicites, ce type d’hommage devient nécessairement discrétionnaire et, par conséquent, perçu comme arbitraire.
Cette situation engendre une inégalité mémorielle de fait.
En honorant certaines victimes individuelles sans cadre général, l’institution crée involontairement une hiérarchie symbolique entre les morts.
Certaines victimes de violences politiques accèdent à une reconnaissance nationale, tandis que d’autres, pourtant frappées par des violences d’une gravité comparable, demeurent invisibles.
Cette inégalité n’est peut-être pas juridique, mais elle est bien réelle sur le plan symbolique, civique et démocratique.
Oui, des précédents existent, notamment lors d’autres affaires fortement médiatisées.
Loin de justifier la répétition de décisions prises au cas par cas, ces précédents soulignent au contraire l’urgence d’un cadre clair, afin que la représentation nationale ne soit plus placée, à chaque drame, dans une position ambiguë ou clivante.
Je demande donc, par la présente pétition, un acte de clarification et de reconnaissance symbolique :
- Il s’agit, d’une part, d’instaurer un cadre clair, public et transversal définissant les conditions dans lesquelles l’Assemblée nationale peut observer une minute de silence.
- D’autre part, de reconnaître explicitement l’ensemble des victimes de violences politiques, quelle que soit leur orientation, par l’observation d’une minute de silence collective et non personnalisée.
Cette demande repose sur un principe simple : la représentation nationale honore les victimes en tant que victimes, et non en fonction de leur visibilité, de leur appartenance ou du contexte politique.
Il ne s’agit pas de nier les drames individuels.
Il s’agit de préserver la cohésion civique et la crédibilité des institutions.
Une démocratie ne peut se permettre une mémoire sélective, elle se doit d’être juste, cohérente et égale dans ses symboles.
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