POUR QUE LA DISSUASION NUCLÉAIRE RESTE FRANCAISE
Initiative citoyenne
POUR QUE LA DISSUASION NUCLÉAIRE RESTE FRANCAISE
Lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, qui s'est tenue du 13 au 15 février 2026 et qui a rassemblé les chefs d'États et de gouvernements européens, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a confié avoir entamé avec le Président français, Emmanuel Macron, des discussions confidentielles autour de la dissuasion nucléaire française en Europe.
La doctrine de dissuasion nucléaire française a été élaborée à la toute fin des années 50, sous l'impulsion du Général De Gaulle. D'après le Ministère des Armées, son rôle est de « protéger la France et les Français contre toute menace d’origine étatique contre nos intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme. »
Cette doctrine reste volontairement floue, afin de renforcer le caractère dissuasif, ce qui laisse entrevoir une extension de son périmètre à ses voisins en Europe. Néanmoins, il s'agit là d'un élément fondamental pour la souveraineté et l'indépendance de la France. À cet égard, il paraît d'emblée proscrit d'envisager le partage du pouvoir décisionnel avec nos voisins.
De plus, le parapluie nucléaire français n'a pas pour vocation de remplacer le parapluie américain sur l'ensemble du continent. Notre arsenal n'en a tout simplement pas l'envergure. Qui plus est, se soumettre à des négociations européennes au préalable et disséminer nos têtes nucléaires à travers l'Europe pourrait être perçue comme une dilution de cette dissuasion par nos "adversaires" et donc son affaiblissement.
Certains voudraient que nous augmentions notre arsenal, seulement notre pays n'en a pas les moyens, en raison de sa santé économique actuelle. Nous pourrions alors demander à nos voisins, et notamment à l'Allemagne de contribuer, mais il est illusoire de penser que les Allemands ne réclameront pas d'en avoir le contrôle en contrepartie... Ce qui serait rigoureusement contraire à nos intérêts nationaux.
Par ailleurs, Friedrich Merz a annoncé vouloir faire de la Bundeswehr, l'armée conventionnelle la plus puissante en Europe dans les années à venir. Il convient tout de même de rappeler qu'en parallèle, le parti d'extrême droite AFD ne cesse de progresser outre-Rhin et que son accession plausible au pouvoir, pourrait très bien devenir une menace pour la France. De fait, associer l'Allemagne à notre dissuasion nucléaire s'avèrerait dangereux pour notre pays. Bien évidemment, il s'agit pour le moment de fiction, mais le rôle d'un chef d'État est d'anticiper et de prévoir tous les scénarios possibles.
Par conséquent, l'emploi de l'arme nucléaire étant l'apanage du Président de la République, je demande néanmoins à l'Assemblée nationale de se saisir de cette problématique et de faire preuve de vigilance, en s'assurant que le Président Macron ne franchira aucune ligne rouge, qui serait contraire à la Constitution, dans l'année qui lui reste de son second mandat. Le risque est important pour un Président qui rêve d'une Europe de plus en plus intégrée et tendant à la fédéralisation, alors que la dissuasion nucléaire est un élément constitutif de la France, en tant que nation souveraine et indépendante.
Partager: