Oui à la sauvegarde et la protection des éleveurs paysans, de leurs troupeaux et des générations futurs
Initiative citoyenne
Oui à la sauvegarde et la protection des éleveurs paysans, de leurs troupeaux et des générations futurs
Je m'appelle Amandine Béchade, j'ai 42 ans et je suis éleveuse avec mon frère Nicolas de vaches allaitantes en production veaux sous la mère. Du moins, je l'étais il y a quelques semaines, avant l'abattage total de notre troupeau pour cause de tuberculose bovine – selon les autorités.
J’écris ces lignes le cœur lourd, en tant que femme, éleveuse, paysanne, et au nom de milliers d'éleveurs qui ont subi le même sort, celui de perdre le fruit de leur travail et de celui de plusieurs générations.
Nous sommes des éleveurs paysans, garants des savoir-faire et des traditions, gardiens des terres et des patrimoines, façonnant les paysages par leur travail et celui de leurs animaux. Nous en appelons au bon sens et à l'humanité de ceux qui nous lisent et nous écoutent...
Depuis de nombreuses années, l'élevage en France tend à disparaître. Mais ces dernières années, l'accélération de notre extinction nous donne des frissons, et devrait en donner à tous.
Les éleveurs sont des battants, des combattants, ne comptant pas leurs heures, écrasés par les charges, les normes et les cours du marché.
Aujourd'hui nous avons tous la peur au ventre. Nos troupeaux sont menacés par de nombreuses maladies telles que la tuberculose, la grippe aviaire, la fièvre catarrhale ovine, la maladie hémorragique épizootique, ou encore récemment la dermatose nodulaire.
Les modes de gestion sanitaire drastiques et inhumains mis en place par les pouvoirs publics face à ces maladies doivent cesser au plus vite !
En effet, sous prétexte de santé publique, les services sanitaires de l’État pratiquent l’abattage total et systématique des troupeaux, même quand cela n’est pas nécessaire pour éviter la propagation de la maladie. À cause de ces abattages systématiques, chaque année, des centaines d'éleveurs sont condamnés à mort tout comme leurs bêtes. Cette politique aveugle détruit des fermes, des troupeaux, des familles et des éleveurs au plus profond de leur être, parfois même jusqu'à l'inéluctable : le suicide. Quant au bien-être animal, il est tout simplement bafoué.
Aujourd'hui nous pensons qu'il est temps d'agir et de permettre aux éleveurs d'être protégés et d'être assurés de pouvoir pratiquer leur travail sans risque de tout perdre à chaque instant.
A cause de tous ces abattages, c'est toute l'économie des territoires qui est impactée. Ils conduisent à la destruction de nos races, de toute une génétique rustique, mais également de l'autonomie alimentaire de la France.
Ces politiques d'abattages justifiées par la volonté de conserver le statut de pays "indemne de tuberculose" depuis 2001 va conduire à la destruction programmée des élevages.
Nous demandons à ce que soient revus l'ensemble des protocoles en vigueur afin de sauver ce qui peut l'être, et la remise en cause immédiate de tous les abattages totaux pour l'ensemble des maladies ou s'applique ces protocoles.
Voici nos requêtes :
*Arrêt des abattages totaux (suppression de l'article 22 de l’arrêté du 8 octobre 2021 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prévention, la surveillance et la police sanitaire de l'infection par le complexe Mycobacterium tuberculosis des animaux)
*Nouveau protocole pour l'abattage sélectif (rehaussage du seuil d'animaux positifs par exploitation nécessaire pour décider de l’abattage) modification des critères ( ascendance - descendance)
*Mise en place de test plus fiables
*Possibilité d'isoler et de faire retester les animaux à plusieurs reprises
*Mettre en place la vaccination contre la tuberculose pour les animaux, aujourd’hui interdite dans l’Union européenne
*Privilégier les soins aux animaux plutôt que l’abattage en permettant à ceux-ci de développer leur propre immunité
*Renforcer la surveillance de la Faune Sauvage, vecteur majeur de contamination
*Instaurer des règles de transparence au niveau des analyses
*Instaurer la possibilité de réaliser des contre-analyses par un laboratoire indépendant
*Prise en charge de l'ensemble des frais engendrés par les abattages sélectifs
*Indemnisation plus juste de la perte des animaux abattus, avec des indemnités correspondant au prix au rachat
*Exonérer l’indemnisation d’impôt sur le revenu
*Mise en place d'un service dédié aux indemnisations, indépendant des services vétérinaires
Cette situation ne peut pas durer. Stoppons ce massacre qui va conduire à la destruction de nos campagnes !
Nous avons foi en vous tous pour faire entendre notre voix par le plus grand nombre.
Sans élevage, c'est tout un écosystème qui se meurt...
Nous nous battons pour tous, pour que l'élevage perdure, pour que nos paysages demeurent, pour que nos animaux ne soient pas tués injustement, pour que les générations à venir puissent exister, mais aussi pour que vous tous puissiez continuer à consommer des viandes de qualité.
Soyez nombreux à signer cette pétition et à la partager. Merci à tous.
Il en va de la survie de nos animaux, de nos fermes, de nos familles et de nous, éleveurs paysans en voie de disparition...
Amandine
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