Pour l'interdiction, à la chasse, des carabines à canon rayé permettant les tirs à longue distance et pour la sécurisation de la nature
Initiative citoyenne

Pour l'interdiction, à la chasse, des carabines à canon rayé permettant les tirs à longue distance et pour la sécurisation de la nature
Aujourd’hui, suite aux homicides pendant des parties de chasse, la peur a envahi la nature. Personne n’est tranquille lorsqu’on entant au loin une détonation, et pour cause, les armes utilisées portent à plusieurs kilomètres avec une charge létale de 1000 à 2000 mètres.
Sur la période 2021-2022, l’OFB a recensé 90 accidents de chasse au total (blessures corporelles liées à l’utilisation d’une arme de chasse), dont 8 mortels.
Quel tireur connaît ce qui se trouve à de telles distances dans l’axe de son tir, et comment anticiper un ricochet par nature aléatoire ?
Pendant la période de chasse, nos concitoyens fréquentent de moins en moins la nature, la baisse du nombre de victimes tient plus de ce fait que des capacités des chasseurs à améliorer leur pratique. Ceci est d’autant plus vrai que le permis de chasser n’évalue absolument pas les capacités de tir des postulants et les stages proposés se révèlent insuffisants et suivis par peu de chasseurs.
C’est pendant les battues au grand gibier, en particulier au sanglier que la quasi totalité des homicides se produisent.
Le tir avec ce type d’arme est-il justifié ?
L’utilisation de munitions de guerre par carabine à canon rayé permettant les tirs à longue distance, respecte sois disant l’animal par des tirs « propres ». Mais qu’en est il réellement ?
Les tirs en battue, dans la majorité des cas se pratiquent entre 30 et 80 mètres, exceptionnellement en plaine à plusieurs centaines de mètres. De même pour les tirs en approche qui revêtent tout leurs sens par manque de précision de la part des tireurs pour cause de manque de pratique.
Il y a plus de chance de blesser l’animal et de le condamner à l’agonie par un tir à carabine où le chasseur aura tendance à appuyer sur la queue de détente pour tenter le « jolie coup » à 100 200 voir 300 mètres alors que peu de tireur en ont les capacités…ou rater la cible avec un projectile lâché vers l’inconnu.
Important : en France, le tir à plus de 300 mètres n’est interdit que si la lunette de visée est munie de graduations…avec une simple croix toutes les distances sont permises.
Les munitions de carabines tuent par le choc le but recherché étant de ne pas faire souffrir l’animal…de même que les balles de 12 dans la zone de tir habituelle en battue, idem pour les chevrotines d’où l’autorisation des chevrotines en Corse et en …., Autre preuve montrant que les carabines ne sont pas indispensables : l’interdiction de celles ci par certaines ACCA, le tir à balle par canon lisse remplissant le même office.
ET laissons parler les spécialistes (Justin Charles Nicholson, directeur commercial de Deerhunter en France, mais ancien sous-officier au 1er régiment étranger de cavalerie. Et Lilian Camalet, directeur de l’école de tir 4 Stable Stick Académie formateur au tir longue distance).
« La notion de distance est toute relative. C’est au chasseur de déterminer sa zone de confort, et ceci ne peut être fait autrement qu’en passant des centaines d’heures au stand de tir et en tirant des centaines de cartouches sur des cibles ! » En clair, un programme suivi par une infime partie de la population cynégétique. Et attention, car réussir un placement de balle létal systématique, ne serait-ce qu’à 100 m à un moment donné, ne vous garantit pas cette capacité pour la vie. Et Justin de poursuivre : « Les capacités s’acquièrent, mais se perdent également si l’on ne s’entraîne pas régulièrement. Arme, munition, optique de visée doivent être maîtrisées à 300 %. » Nous sommes loin des mirages distillés par les publicités diverses et variées, qui font croire aux chalands qu’un Chris Kyle sommeille en eux. Non, il ne suffit pas de s’acheter les dernières carabine, lunette de visée et munitions à la mode « long range » pour aller « faire » un chamois à des centaines de mètres.
Au-delà du côté marketing et nombriliste des starlettes que l’on retrouve sur les réseaux sociaux, peut-être faudrait-il aussi se pencher sur la définition même de la chasse d’approche. Le Petit Robert est très clair sur ce point, car « approcher » signifie « se déplacer pour venir (plus) près ». C’est là que Justin sonne le glas du tir de chasse à longue distance, en rappelant que « tirer à 500 m ou plus et tuer à 100 %, c’est très facile pour moi car c’était mon métier, mais jamais je ne tire un gibier à cette distance, car chasser ne consiste pas à faire la guerre au gibier. Les animaux méritent notre plus grand respect, c’est à nous de défier leur instinct et, si nous sommes meilleurs qu’eux en réussissant à nous approcher au plus près, alors nous gagnons la possibilité de les tirer pour les manger. Il faut se comporter en prédateurs ! »
On l’aura compris, tirer à des centaines de mètres, en plus de ne pas être digne d’un acte de chasse, nécessite une préparation de niveau professionnel dont les chasseurs amateurs ne bénéficient pas, et pour cause, puisque leurs tirs sont effectués dans le cadre d’un loisir.
Ces propos sont rejoints par ceux de Lilian Camalet, directeur de l’école de tir 4 Stable Stick Académie, qui forme chaque année un nombre croissant de chasseurs désireux de perfectionner leurs aptitudes au tir d’approche : « Tous nos stages débutent par une série de tirs à 25 m et, dans la plupart des cas, nos stagiaires ont du mal à grouper leurs balles à cette distance ! Après deux jours de stage, les moniteurs amènent leurs stagiaires à un meilleur niveau de connaissances techniques et, surtout, à se rendre compte de leurs limites. »
« Tirer moins loin pour tirer mieux », un message qui creuse son sillon parmi les chasseurs, et pas uniquement les chasseurs à l’arc, souvent présentés comme étant la quintessence des chasseurs à l’approche. Que ce soit à l’arc ou à la carabine, le tir à courte distance rencontre un succès croissant et nécessite lui aussi un entraînement régulier, ne serait-ce qu’en raison de la nécessaire maîtrise de soi au moment où chaque battement de cils peut révéler votre présence à l’animal chassé. »
Une balle de calibre 12 n’est plus, selon les spécialistes, létale à partir de 150 mètres, idem pour les ricochets. Et il est évident que le tireur a plus de maitrise de son environnement dans les 100 mètres qu’à plusieurs kilomètres.
En conclusion, dans l’attente d’une France sans chasse ni piégeage létal, en mesure transitoire, s’il est nécessaire de pratiquer une régulation, ou pendant une chasse en approche, la pratiquer par tir a balle par des armes à canon lisse de calibre 12 .
Il est nécessaire pour la sécurité et, pour l’éthique de la chasse pour nombre de chasseurs, d’interdire, à la chasse, l’usage de carabine permettant le tir à longue distance.
Dans un deuxième temps, après avoir laissé revenir les prédateurs naturels, avoir pris les mesures préventives non létales nécessaires et actuellement inutilisées, pour réduire certaines populations, la France pourrait prendre exemple sur nos voisins Genevoix.
Les adeptes du tir longue distance pourront pratiquer leur passion dans les clubs de tir spécialisés, les carabines ne seront autorisées que dans ce cadre.
Cette pétition a été classée par la commission :
Conformément à la décision prise par le Bureau de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire lors de sa réunion du 12 juillet 2022, toute pétition n'ayant pas recueilli au moins 10 000 signatures à l’expiration d’un délai de neuf mois à compter de son dépôt, fait l'objet d'un classement d'office. Votre pétition n'ayant pas recueilli plus de 10 000 signatures et ayant été déposée depuis plus de 9 mois, la commission a décidé son classement lors de sa réunion du 20 décembre 2023.