Pour une sanctuarisation budgétaire des moyens de la Sécurité civile
Initiative citoyenne
Pour une sanctuarisation budgétaire des moyens de la Sécurité civile
Mesdames, Messieurs les députés,
Les feux de forêt de 2022 avaient révélé les lacunes et les manques de moyens de lutte contre les incendies géants.
Ils ont donné lieu à des constats, des rapports, des annonces et des engagements et conduit les pouvoirs publics à s'engager à réaliser des investissements et des renforcements de capacités.
Certaines décisions ont été prises. Mais d'autres ont été reportées, différées, transformées ou n'ont toujours pas été réalisées malgré l'extension géographique évidente du risque.
En 2026, des incendies se sont produits bien au-delà des territoires traditionnellement considérés comme les plus exposés. Tout le territoire national est désormais concerné.
Les feux n'épargnent aucune régions du pays ; Gironde et Landes (45000 ha), Var (8800 ha), Seine et Marne (2000 ha), Corse (1400 ha), Indre (900 ha), Aude (900ha), Hautes Alpes (510ha), Bretagne (300 ha), Drôme (280 ha), Gard (160 ha), Côte d'Or (150 ha), Loire-Atlantique...
Avec un bilan provisoire de 120000 hectares, les conséquences des incendies de cet été 2026 sont catastrophiques en termes humain, de santé, environnemental, économique, territorial, social, assurantiel.
Elles sont tout autant «hors normes » que l'intensité de ces incendies.
Tout comme le sont l'exaspération générale, l'épuisement des membres des forces de secours et de sécurité et de toutes les personnes et organismes ayant participés et appuyés la lutte sous toutes ces formes, ainsi que le désespoir des habitants et des entreprises des zones touchées.
Les moyen de la Sécurité civile sont ils encore dimensionnés selon les risques du passé, alors que les risques actuels et futurs concernent désormais toutes les régions du pays ?
Allons-nous continuer d'accepter de faire évoluer notre politique de Sécurité civile au rythme des événements environnementaux auquel notre pays est désormais confronté ?
Cette logique doit changer.
Mesdames, Messieurs les Députés, aujourd'hui vous êtes tous concernés.
Vous allez devoir mettre face à face le coût des investissements différés ou annulés et le coût réel des conséquences de ces incendies.
Est ce que les économies budgétaires réalisées sur les annonces consécutives aux incendies de 2022 seront supérieures aux coûts engendrés par les incendies de l'été 2026 ?
Combien la Collectivité devra-t-elle finalement payer pour les conséquences de ces choix ou non choix ?
Pourquoi faut-il encore attendre la catastrophe pour déclencher les moyens, alors que ce sont précisément les moyens disponibles à temps qui devraient permettre d'en limiter les conséquences ?
Une anticipation des risques permettrait de réagir et de lutter avec succès, sans quoi on en reste à relativiser et à « gérer l'impact du dysfonctionnement ».
Face à l'extension et à l'intensification des risques environnementaux, les moyens de la Sécurité civile ne peuvent plus être soumis aux arbitrages budgétaires de court terme, différés ou abandonnés au gré des échéances politiques.
Nous demandons :
- que les moyens de la Sécurité civile soient dimensionnés en fonction de l'évolution réelle des risques ; élaborés avec une politique nationale d’anticipation, et non comme une réponse ponctuelle aux catastrophes locales lorsqu’elles surviennent.
- que tout investissement ou capacité identifié comme indispensable fasse l'objet d'une programmation pluriannuelle, d'une sanctuarisation garantissant son financement, sa réalisation et sa disponibilité opérationnelle dans la durée.
Cette sanctuarisation doit notamment concerner :
- les moyens aériens, leur renouvellement et leur maintien en condition opérationnelle ;
- les moyens terrestres des services d'incendie et de secours ;
- les effectifs, la formation et la disponibilité des personnels ;
- les infrastructures nécessaires à la préposition et à l'intervention ;
- les moyens de prévention, de surveillance, de détection et de commandement ;
- les investissements permettant d'adapter les capacités à l'évolution du risque ;
- les financements permettant aux collectivités et aux SDIS d'assumer durablement leurs missions.
Une décision annoncée ne doit plus être considérée comme réalisée tant que la capacité correspondante n'est pas effectivement disponible sur le terrain et pérenne.
La Sécurité civile doit être considérée comme un investissement de souveraineté et de protection de la Nation, et non comme une variable d'ajustement budgétaire.
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