Faire rentrer la vie dans les Ehpad
Initiative citoyenne
Faire rentrer la vie dans les Ehpad
Faire rentrer la vie dans les Ehpad !
Que cela devienne notre nouvelle cause nationale »
Une société qui laisse ses vieux mourir d’invisibilité, de solitude et de désœuvrement est une société malade !
Remettons les vieux au-devant de la scène.
Ce n'est pas dégradant d'être « vieux », nous ne devrions pas en avoir honte. Le mot "vieux" n'est pas un gros mot. Il dit simplement que l'on a eu la chance de vieillir et cela même devrait nous mettre en joie. Pourtant nous considérons la vieillesse comme une malédiction, alors qu'elle fait partie des cycles de la vie.
Ouvrons nos yeux et surtout nos cœurs ! Réintégrons les vieux dans nos vies, dans la vie car n’oublions pas que vous et moi serons les vieux de demain.
Il y a quelques années mon père a fini ses jours en EHPAD, il avait six enfants. Je suis la 4ème de ses filles. Pour nous tous ce fut un crève-cœur de l’enfermer dans un « mouroir ».
Un an plus tard, il n’était plus parmi nous. Il s’est laissé mourir.
J’utilise le mot « mouroir » en connaissance de cause. Je ne remets pas en question l’investissement du personnel dans ces structures. Pour la plupart, ce sont des gens investis, humains qui donnent souvent le meilleur d’eux-mêmes alors qu’ils sont régulièrement en sous-effectif et sous-payés.
Il y a parfois de la maltraitance, c’est vrai ! Mais elle reste marginale et souvent engendrée par des conditions de travail déplorables.
Le financement des retraites est un sujet majeur depuis toujours mais ce que vivent les gens une fois à la retraite reste tabou.
La réalité est la suivante 750000 personnes âgées vivent en situation de mort sociale, sans contact significatif avec leur entourage, qu’ils soient en EHPAD ou pas.
L’isolement a des répercussions physiques, psychologiques favorisant la dépression, les suicides, la démence précoce.
Quand les personnes âgées en perte d’autonomie ont la possibilité de s’offrir un EHPAD, leur espérance de vie est en moyenne de 2 ans.
La fourchette de prix des Ehpad en France s’échelonne entre 2500 euros et 7500 euros par mois. Les prix sont exorbitants donc peu accessibles pour une majorité de citoyens.
Une personne âgée qui n’a pas les moyens de vivre en EHPAD, finira ses jours soit en gériatrie à l’hôpital, soit seule chez elle.
Il est vrai que des choses sont proposées pour lutter contre l’isolement des personnes âgées. Des actions citoyennes, locales souvent bénévoles mais non-généralisées.
Les politiques ne se sont jamais emparés de cette réalité « La désespérance des vieux dans notre pays ! »
Je parcours les maisons de retraite depuis quelque temps et propose ponctuellement des activités d’expression théâtrale et musicale. Ce qui ressort de mon contact avec les résidents, c’est qu’ils sont désœuvrés la plupart du temps.
Des maisons de retraite de 150 résidents ne disposent que d’un seul animateur pour les occuper. C’est donc mission impossible ! Ils sont amenés à faire et refaire des animations qui ne les stimulent pas.
De façon systématique, quand j’entre dans une maison de retraite, je reçois de plein fouet l’errance et le vide des regards, la momification des corps et des esprits.
Un résident en l’espace de quelques semaines perd en capacités cognitives et motrices de façon dramatique.
Ce qui est très triste, c’est que beaucoup aspirent à autre chose. Être encore utiles, être encore dans la vie.
Réintégrer les personnes âgées dans la société est tout à fait possible, c’est juste une question de volonté, de priorité politique.
Exemple : Créer en ville des habitations intergénérationnelles où différentes catégories de personnes cohabiteraient ; étudiants, familles, retraités, handicapés. Des lieux de vies où les uns et les autres échangeraient un peu de leur temps, compétences, envies, idées tout en respectant l’intimité de chacun.
Il ne s’agit pas d’un vœu pieux. Le monde a évolué au fil des siècles grâce à des idées novatrices surgissant de l’esprit de femmes et d’hommes de bonne volonté.
Les politiques doivent s’emparer de cette question essentielle en proposant une loi qui réforme en profondeur les conditions tarifaires et de vie des résidents en Ehpad.
Voici quelques idées qui pourraient être l’amorce de quelque chose :
Que le coût des Ehpad soit encadré strictement par la loi, dans le privé comme dans le public, pour que les plus modestes y aient accès.
Débloquer un fonds d’urgence pour mettre en place des « Brigades de Vie » avec un cahier des charges précis. Ces brigades seraient composées de plusieurs animateurs dont le nombre serait évalué en fonction du nombre de résidents. Elles auraient pour fonction de proposer des animations variées et stimulantes dans le privé comme dans le public.
Faire un recensement départemental pour référencer le nombre d’Ehpad dans le privé et le public afin de déterminer leurs besoins en termes de Brigades de Vie.
Les sociétés qui maltraitent leurs vieux sont déliquescentes. La vieillesse n’est pas une maladie ! Cessons de traiter les personnes âgées comme des rebuts. Ce n’est pas digne d’une démocratie.
Essayons d’imaginer dès maintenant une vieillesse désirable et non subie.
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