Pétition pour une prise de position claire à la suite de l’abandon des Kurdes de Syrie au profit de l’actuel régime composé d’intégristes islamistes
Initiative citoyenne
Pétition pour une prise de position claire à la suite de l’abandon des Kurdes de Syrie au profit de l’actuel régime composé d’intégristes islamistes
Les kurdes, aujourd’hui dispersés entre quatre États (la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie), constituent un peuple d’environ 40 millions de personnes, dont 4 millions en Syrie.
Hier encore acclamés pour leur combat contre l’État islamique (Daech) dans une France meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et du Bataclan, les kurdes de Syrie sont aujourd’hui abandonnés à leur triste sort dans une guerre existentielle face à des intégristes islamistes plus que jamais revanchards.
Entre 2014 et 2025, aux prix de lourds sacrifices à raison de 15 000 combattants morts, les kurdes ont battu l’État islamique (EI) en Syrie. Ils y sont parvenus grâce à l’aide d’une coalition internationale au sein de laquelle la France a été très active, y compris militairement.
Après cette victoire entrainant la chute du dictateur Bachar El-Assad en décembre 2024, l’espoir des syriens a rapidement volé en éclat avec l’installation à la tête de la Syrie de l’ancien membre de l’EI et de l’Al-Qaida, Ahmed al-Charaa, fin décembre 2024.
Depuis janvier 2026, la stabilité du Nord-Est de la Syrie s’est effondrée après le désengagement brutal de la coalition anti-Daech, laissant les kurdes sans protection et en proie à un véritable massacre, voire à un génocide par l’actuel régime syrien.
En effet, le 6 janvier 2026, l'armée syrienne, renforcée par des factions jihadistes et soutenue directement par la Turquie, a déclaré une guerre sans merci à l’encontre des kurdes. Des actes de barbarie sont perpétrés à leur encontre : exécutions sommaires, mutilations et profanations des dépouilles de combattants, des enlèvements de femmes, réduites en esclavage sexuel...
Aujourd’hui, la ville de Kobanê, qui avait infligé à Daech sa première défaite en 2015, est complément assiégée et fait l’objet d’un embargo alimentaire, d’une coupure d’électricité générale et des réseaux d’eau potable, malgré un prétendu cessez-le-feu.
Le « Jihad » (la guerre sainte) que le ministre des affaires religieuses du régime syrien a déclaré le 20 janvier 2026 contre les kurdes justifie ces actes de barbarie.
À la suite de ces événements tragiques, de très nombreux prisonniers de l’organisation terroriste Daech ont été libérés, soit en raison du retrait forcé des kurdes sous les coups de l’armée syrienne, soit directement par l’armée syrienne elle-même.
Les chiffres officiels sur le nombre de ces prisonniers, aujourd’hui ex-détenus, sont alarmants et doivent préoccuper la communauté internationale. Le plus grand camp, jusque-là sous le contrôle des kurdes, abritait plus de 24 000 djihadistes et leurs familles, soit plus que la population de villes françaises comme Vernon, Millau, Miramas ou Saintes.
Ces prisonniers sont de véritables bombes à retardement : celles que nous avons combattues pendant 10 ans après en avoir été victimes sur le sol français.
Il est inimaginable que, malgré ces événements dramatiques, la France n’ait pris aucune position officielle, ni pour condamner fermement les crimes du régime syrien, ni pour s’enquérir du devenir des prisonniers de Daech, parmi lesquels figurent de nombreux français, désormais entre les mains des fondamentalistes islamistes. Faut-il encore rappeler à quel point ces derniers représentent un véritable danger, non seulement pour les populations locales, mais également pour les européens ? Voulons-nous revivre les tragédies de l’année 2015 ?
Ce n’est que dans le cadre d’un simple communiqué de presse du 22 janvier 2025 que le Président de la République Emmanuel Macron s’est partiellement prononcé sur ce sujet. On n’y trouve aucun engagement concret à l’égard des kurdes de Syrie qu’il a pourtant toujours qualifié d’« alliés ».
Ce communiqué n’est pas à la hauteur de nos attentes et ne reflète pas la loyauté qui a toujours guidé nos deux peuples particulièrement cette dernière décennie dans la lutte contre Daech.
La France n’a-t-elle pas le terme fraternité dans sa devise qu’on doit a minima à ceux qui ont été nos alliés et qui ont combattu aux côtés de nos militaires ?
Il est impératif que le gouvernement justifie les raisons de ce changement de cap et en assume les conséquences dramatiques pour le peuple kurde.
Cette pétition a vocation à ce que ce soient débattus au sein de l’Assemblée nationale les points suivants :
- La présentation d’un plan précis, y compris au niveau européen, concernant la question des prisonniers de Daech, afin d’éviter toute reconstitution de réseaux terroristes menaçant l’Europe ;
- L’identification des motifs et des responsables de ce changement incontestable de la politique étrangère française à l’égard de la Syrie, changement aux conséquences tragiques pour les minorités de ce pays, tels que les kurdes aujourd’hui chassés de leur terre et contraints à l’exil, notamment en Europe ;
- La fin de l’alignement automatique de la diplomatie française sur la position américaine et turque lorsque celle-ci conduit à l’écrasement d’un peuple allié ;
- La réaffirmation sans ambiguïté du soutien politique, diplomatique et sécuritaire de la France aux kurdes de Syrie, y compris en matière militaire, dès lors que la survie collective de ces derniers est en jeu ;
- Le refus explicite de toute exigence faite aux kurdes de Syrie de se placer sous l’autorité ou la tutelle des forces intégristes islamistes du nouveau régime syrien ;
- Enfin, une mise en place urgente de mécanismes internationaux de protection des civils et d’accès humanitaires aux zones assiégées, en particulier à Kobanê.
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