Pour l'abolition de la chasse à courre
Initiative citoyenne
Pour l'abolition de la chasse à courre
Également appelée vénerie, la « chasse à courre, à cor et à cri » consiste à traquer un animal à l’aide d’un groupe de 6 à 60 chiens, jusqu’à l’acculer pour le tuer.
Ce mode de chasse est particulièrement cruel : l’animal est poussé à courir jusqu’à son épuisement, puis mis à mort de façon archaïque, généralement à l’arme blanche. En plus de faire souffrir inutilement les animaux traqués, la chasse à courre met en danger les chiens et chevaux utilisés, perturbe les écosystèmes et porte atteinte à la sécurité publique. Il est pourtant avéré que cette façon très particulière de chasser n’a pas la moindre utilité, que ce soit sur le plan écologique, forestier, agricole, social ou sanitaire.
Interdite presque partout dans le monde, la chasse à courre est de surcroît rejetée sans ambiguïté par la grande majorité des Français. Il n’y a donc aucune raison de continuer à autoriser cette pratique d’un autre temps. La chasse à courre doit être abolie.
1/ La chasse à courre est cruelle
Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres et lapins sont chassés à courre en France. Dans tous les cas, l’animal est traqué par une meute de chiens. Les chasseurs suivent les chiens en voiture et à cheval, ou à pied dans le cas de la traque des lièvres et lapins. La poursuite peut durer plusieurs heures, communément 6 heures pour celle d’un cerf. Cette façon de chasser maximise la durée de la souffrance qu’endure l’animal. Il est ensuite mis à mort au milieu des chiens, dans une situation d’énorme détresse. Quand le cerf se réfugie finalement dans un étang, il est rattrapé en barque et noyé ou tué à coups de dague ou d’épieu. Quand le lièvre est attrapé par les chiens, il est déchiqueté vivant.
2/ La chasse à courre met en danger les chiens et les chevaux
Les animaux traqués fuient sur de longues distances et traversent nécessairement des routes, qu’il s’agisse de la vénerie au cerf, sanglier ou chevreuil dans les grandes forêts ou de la vénerie au lièvre ou renard dans les campagnes. Les chiens se retrouvent donc sur le bitume aussi, loin de tout contrôle par les veneurs. Des collisions avec les véhicules se produisent régulièrement. C’est parfois le cerf qui est percuté, souvent les chiens. Par ailleurs, lorsque les cavaliers traversent des milieux accidentés en sous-bois, il arrive que des chevaux se blessent gravement et soient euthanasiés.
3/ La chasse à courre impacte les écosystèmes
Une chasse à courre au cerf en forêt domaniale mobilise ordinairement une dizaine de véhicules, autorisés par l’Office National des Forêts (ONF) à emprunter les pistes forestières pourtant interdites à la circulation des voitures pour les autres citoyens. Une telle chasse mobilise habituellement aussi une vingtaine de chevaux pouvant sortir des sentiers, une quarantaine de chiens qui ratissent les sous-bois et plusieurs dizaines de personnes dont beaucoup munies de trompes. C’est le cas par exemple en forêts domaniales de Rambouillet, Fontainebleau, Compiègne, Orléans, Châtillon, etc. De telles sorties durent 3 à 6 heures et sont répétées une à trois fois par semaine dans les forêts concernées, du 15 septembre au 31 mars. Elles sont permises jusque dans des réserves biologiques. Dérangement de la faune, vacarme, piétinement des sols et de la végétation… l’impact écologique de la vénerie dépasse largement l’animal traqué.
4/ La chasse à courre porte atteinte à la sécurité publique
La circulation routière est régulièrement perturbée voire bloquée temporairement par les veneurs. Il n’est pas rare de les voir s’improviser à gérer le passage des voitures et des poids lourds sur d’importantes voies départementales, comme s’ils étaient des gendarmes. Une seule partie de chasse à courre peut donner lieu à une dizaine de traversées de routes par le cortège qui suit l’animal traqué, en des endroits impossibles à prévoir. Quand un cerf se réfugie près des habitations, l’émoi des habitants est vif et des conflits éclatent fréquemment avec les chasseurs. Enfin, les cas d’observateurs agressés, bousculés ou frappés ne sont pas rares. Les veneurs ont régulièrement recours à la violence pour empêcher que soit filmée la mise à mort de l’animal. Ce comportement émane d’une volonté claire du milieu de la vénerie de tout faire pour que les images montrant la finalité de cette chasse ne puissent être rendues publiques.
5/ La chasse à courre est inutile
La vénerie française revendique 10 000 pratiquants et tue chaque année plusieurs centaines de cerfs, chevreuils et sangliers. La « régulation » des effectifs de ces trois espèces est habituellement prônée par les milieux agricoles ou forestiers. Quoi qu’il en soit de la pertinence de cet objectif, force est de constater que la contribution de la chasse est courre à la « régulation » est plus que négligeable. Éliminer quelques centaines d’animaux n’a guère d’effet numérique dans un contexte où la chasse à tir en tue plusieurs centaines de milliers par an. C’est tout le paradoxe de la vénerie : en revendiquant le fait de tuer peu d’animaux malgré l’importance logistique des moyens déployés (« Le cerf parvient à s’échapper 3 fois sur 4 »), elle s’extrait des objectifs de « régulation » défendus par la Fédération Nationale des Chasseurs. Quant à la vénerie des renards, lièvres et lapins, elle en tue aussi plusieurs centaines par an, sans qu’aucun argument scientifique ne puisse défendre l’élimination de ces mammifères.
6/ La chasse à courre est rejetée par les citoyens
Seuls quelques pays dans le monde autorisent encore la chasse à courre, presque aucun en Europe. En France, à peine 1% des chasseurs la pratiquent. Elle fait régulièrement l’objet de critiques émanant de chasseurs eux-mêmes, qui la considèrent comme une pratique de nantis et/ou s’accaparant trop d’espace. L’abolition de la vénerie n’entraînerait sans doute pas d’opposition majeure de la part des autres chasseurs. Quant à l’ensemble des citoyens français, ils sont très majoritairement opposés à la chasse à courre, selon les sondages successifs depuis de nombreuses années. 78% des Français se prononcent pour son abolition, d’après le sondage le plus récent. Ce souhait est majoritaire quelle que soit la tendance politique, en ruralité comme en ville (IFOP 2026 pour la Fondation 30 Millions d’Amis, IFOP 2025 pour la Fondation Brigitte Bardot).
7/ La chasse à courre peut facilement être abolie
Pour mettre fin à la vénerie, une modification du Code de l’Environnement doit être adoptée. La modification peut être la suivante :
- au premier alinéa de l’article L 424-4, supprimer les mots « soit à courre, à cor et à cri, » ; entre les alinéas 4 et 5, introduire l’alinéa suivant : « La chasse à courre, à cor et à cri, est prohibée. Aucun équipage ne peut être constitué afin de se livrer à ce mode de chasse. »
- compléter la section 1 du chapitre VIII du titre II du livre IV par l’article L 428-3-1 rédigé ainsi : « Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende le fait de participer à une chasse à courre, à cor et à cri. »
Cette modification peut être effectuée via l’adoption d’une proposition de loi. Les Français de tous bords politiques étant majoritairement opposés à la chasse à courre, cette proposition de loi peut être adoptée de façon transpartisane.
Partager: